Guyane: les concessions controversées de Montagne d’Or «prolongées»

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Le tribunal administratif de Guyane a demandé jeudi 24 décembre à l'État de « prolonger » les concessions minières de la Compagnie Montagne d'or en Guyane : le plus grand projet d'extraction d'or jamais envisagé en France est désormais relancé, dernier rebondissement pour ce projet hautement controversé, auquel sept Guyanais sur dix sont opposés.

Le 21 janvier 2019, l'État par la voix du ministre de l’Économie Bruno Le Maire semblait enterrer les ambitions du consortium russo-canadien NordGold-Columbus Gold d'exploiter un gisement minier estimé à 85 tonnes d'or.

Mais pour les juges du tribunal administratif qui ont rendu leur jugement ce jeudi, le consortium présente « suffisamment d'éléments justifiant de ses capacités techniques et financières pour exploiter les concessions ». De plus, ils soulignent le défaut de contestation sérieuse de l’État.

Déjà en mai 2019, le gouvernement, sous la pression des défenseurs de l'environnement, avait annoncé son opposition au projet : « incompatible avec les exigences de protection de l'environnement ». Une position pas assez étayée selon le tribunal, qui a indiqué la « faiblesse » et l'absence de « pertinence » des arguments de l'État. Celui-ci n’était pas présent à l’audience devant le tribunal, le 3 décembre

Les concessions d'une surface de 40km2 sont situées près de la ville de Saint-Laurent du Maroni, en pleine forêt, entre deux réserves à haute valeur de biodiversité.

La compagnie Montagne d’Or avait fait valoir que cette exploitation entraînerait des retombées économiques à hauteur de trois milliards d'euros pour la Guyane… mais sept Guyanais sur dix restaient opposés au projet selon un sondage de 2018.

Une décision qui va relancer la controverse et de vifs débats dans les semaines qui viennent.

►À écouter aussi : La Montagne d’or en Guyane, une mine de controverses