Guinée : la timide reprise économique

Par Agnès Faivre, envoyée spéciale à Conakry (Guinée)
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À Conakry, les vendeurs tentent de s'organiser pour vendre leurs marchandises au lendemain de la publication des résultats préliminaires de l'élection présidentielle du 18 octobre. 
À Conakry, les vendeurs tentent de s'organiser pour vendre leurs marchandises au lendemain de la publication des résultats préliminaires de l'élection présidentielle du 18 octobre.

« On ne vend rien, rien ! » s'emporte une commerçante en disposant sur son étal des chaussures à talons vernies et colorées. Après neuf jours de fermeture, le marché de Madina, poumon économique de Conakry, a rouvert ce mardi. Mais très partiellement. Si les stands de médicaments, de mèches, les bassines de lessive, de jus de bissap ou de gingembre, les vendeurs de téléphones avec haut-parleurs ceinturés autour de la taille mangent une partie de l'avenue du Niger, la plupart des grossistes alignés derrière gardent porte close.

« Douze jours de fermeture, ça fait une grosse perte », soupire le gérant d'une entreprise de vente en gros de denrées alimentaires et de films plastiques, qui préfère garder l'anonymat. Cloîtré tout ce temps dans une des banlieues nord où ont éclaté les violences post-électorales, il avait cadenassé les portes métalliques de son magasin deux jours avant le scrutin présidentiel du 18 octobre. Il s'est résolu à ouvrir, et à rappeler sa dizaine d'employés, mais n'est « pas tranquille ». « On suppose qu'il y a une accalmie, mais beaucoup de gérants ont encore peur et évitent de se montrer. On est très exposés », dit-il. Ces derniers jours, nombre de boutiques et de stocks de marchandises ont été pillés. « Des centaines rien qu'à Conakry, affirme-t-il, surtout les petits détaillants. »

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