Guinée: un responsable du FNDC, devant les tribunaux pour «attroupement illégal»

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Oumar Sylla, surnommé Foniké Menguè, un responsable du Front national pour la Défense de la Constitution (FNDC), a comparu ce lundi devant le tribunal de Mafanco, à Conakry. Ce militant avait été arrêté le 29 septembre dernier et est poursuivi pour « attroupement illégal ». Des accusations et une procédure que rejette la défense.

Oumar Sylla est un responsable du FNDC. Ce militant avait déjà fait l’objet de poursuites judiciaires en début d’année : il avait été interpellé à son domicile, fin avril 2020, pour « divulgation de fausses nouvelles ». Son procès en août s’était soldé sur un non-lieu.

Un mois après sa sortie de prison, cet activiste du FNDC a été de nouveau arrêté, cette fois-ci, pour « attroupement illégal » à Conakry, alors qu'il roulait à moto sur la voie publique.

Le 25 décembre, son affaire se médiatise : Oumar Sylla entame une grève de la faim pour dénoncer sa longue détention provisoire et exiger la tenue de son procès. Ce cadre du FNDC était très affaibli devant la juge, ce que dénonce Me Salifou Béavogui interrogé par notre correspondant à Conakry, Moktar Bah : « Après 14 jours de grève de la faim, c'est une chance qu'il soit devant le juge. Les faits d'attroupements susceptibles de troubler l'ordre public ne sont pas constitués. Mais il était dans le collimateur, il fallait qu'il soit arrêté. Il est aujourd'hui essoufflé, il est fatigué. Et comme vous avez remarqué, il ne peut pas se tenir longtemps à la barre. »

« Lors de ce procès, il n'y a pas eu d'arguments contre lui, insiste le responsable de la communication du FNDC, Abdoulaye Oumou Sow. Lui-même l'a expliqué, il s'est fait kidnapper sur une moto. Le stratagème préparé était de le prendre en photo dans une foule, mais malheureusement ça a raté. Vous avez vu son état ? Après 14 jours de grève de la faim, il n'a plus sa place en prison. »

Ce lundi, au tribunal de Mafanco, le procureur a requis un an de prison, estimant que Oumar Sylla était sorti le 29 septembre pour manifester, alors que les rassemblements étaient interdits dans la capitale.

Boubou traditionnel bleu indigo, bonnet vissé sur la tête et lunettes sombres, Oumar Sylla a de son côté rejeté en bloc ces accusations. Ce militant estime que son arrestation était arbitraire, il se rendait justement à une convocation du tribunal, assure-t-il. Quand la juge lui demande ce qu'il veut ajouter pour sa défense, Oumar Sylla répond : « Je suis un éternel prisonnier d'Alpha Condé, pas à cause de ce que j'ai fait, mais à cause de ce que je défends : le combat que nous avons mené contre le tripatouillage de la Constitution qui a mené à son troisième mandat. » Ses avocats plaident la relaxe et sa remise en liberté immédiate. Le délibéré a été fixé au jeudi 14 janvier.

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