Guinée: l'activiste Oumar Sylla du FNDC condamné en appel à 3 ans de prison ferme

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Condamné en première instance à 11 mois de prison, puis 2 ans de prison requis par le procureur en appel, le responsable à la mobilisation et des antennes du Front national pour la défense de la Constitution Oumar Sylla alias Foniké Mengué a été finalement condamné à 3 ans de prison ferme par le juge Saïdou Kéita, le premier président de la cour d’appel. Jugement que les défenseurs des droits de l’homme et les acteurs de la société civile jugent excessif.

Avec notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah

« Justice, corrompue, justice, corrompue, à bas le 3e mandat »

Au milieu d’une foule compacte, majoritairement vêtus de t-shirts frappés de son effigie, qui l’accompagnait à sa sortie de la salle d’audience où il venait d’être condamné à 3 ans de prison ferme, le « leader des jeunes » - comme beaucoup l’appellent affectueusement ici - a levé le poing et remercié ses soutiens.

Pour Abdourahmane Sanoh, le leader du Front contre un troisième mandat d’Alpha Condé, cette condamnation est une source de motivation supplémentaire. « En Guinée encore, la justice est dans les mains des politiques, on est dans un déni de démocratie, et c’est vraiment regrettable pour notre pays, mais, en même temps cela est un motif d’engagement supplémentaire, de motivation et de galvanisation et je crois que nous n’avons pas d’autre choix que de continuer ce combat jusqu’à ce que le peuple soit libéré de cette dictature ».

Bailo Barry, acteur de la société civile ajoute : « Ils (les dirigeants guinéens, Ndlr) pensent faire du mal aux opposants au 3e mandat, ils pensent faire du mal aux acteurs de la société civile, mais qu’ils comprennent tout simplement que la roue tourne, et qu’ils ne sont pas là pour longtemps. Nous avons vu Foniké Mengué très fort, et nous autres nous continuons à l’encourager, et je sais qu’il tiendra le coup parce que ça ne durera pas pour longtemps. On ne lâchera pas, il faut que le droit soit dit dans cette affaire ».

Le procureur Mohamed Kaba, sollicité par RFI, a dit ne pas pouvoir répondre à la presse sans l’autorisation de son chef hiérarchique, le procureur général, en séjour à l’étranger.