Guinée: la junte confirme l’interdiction de manifester malgré les réclamations de l’ONU

La junte a proclamé le 13 mai dernier l'interdiction «jusqu'aux périodes de campagne électorale» de toute manifestation sur la voie publique «de nature à compromettre la quiétude sociale et l'exécution correcte des activités» pendant les trois ans censés précéder un retour des civils au pouvoir. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a exhorté lundi les militaires guinéens à rétablir le droit de manifester. Les autorités ont opposé une fin de non-recevoir à cette demande, dans un communiqué lu mardi soir à la télévision d'Etat.

Avec notre correspondante à Conakry, Mouctar Bah

« Le CNRD et son président (le colonel Mamadi Doumbouya), réitèrent qu’aucune marche ne sera autorisée aussi longtemps que les garanties d’encadrement ne seront pas réunies ». C’est ce communiqué qui a provoqué l’ire de la classe politique et de la société civile qui n’entendent pas se plier aux injonctions des autorités militaires de la transition guinéennes.

Ibrahima Diallo, responsable des opérations du FNDC. « En dépit de toutes les dénonciations et les mises en garde des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme et des Nations unies, nous pensons aujourd’hui que le CNRD manifeste réellement sa volontaire de s’éterniser au pouvoir. Nous n’entendons pas nous soumettre à cette interdiction illégale et illégitime et inopportune du droit de manifestations dans notre pays ».

Même ton du côté des acteurs politiques de l’ANAD, l'alliance nationale pour l'alternance démocratique et du G58, un regroupement d'une soixantaine de partis politiques favorables au dialogue et au droit de manifester sur la voie publique.


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