Guinée: coups de feu aux abords d'un camp militaire de Conakry

A moins de 48 heures du double scrutin hautement controversé couplant législatives et référendum constitutionnel ce dimanche en Guinée, des tirs ont été entendus au niveau d’un camp militaire ce vendredi matin mais le ministère de la Défense assure que la situation est sous contrôle.

Vers 9h, heure locale ce vendredi matin, plusieurs coups de feu ont retenti dans le camp militaire Alpha Yaya Diallo en banlieue de la capitale selon des riverains. Des sources évoquent le Bataillon spécial de Conakry.

Immédiatement, des renforts ont quitté le camp Samory Touré de Kaloum. Des armes lourdes et des éléments de la garde présidentielle ont été déployés aux entrées du centre-ville.

Autours du camp, les tirs ont cessé rapidement. « Les forces déployées sur les lieux ont procédé à l’arrestation de deux parmi eux. La situation est sous contrôle et des enquêtes sont ouvertes », indique un communiqué signé du ministre de la Défense, qui invite également la population au calme.

Selon diverses sources, ce sont des militaires « mécontents leur traitement » qui ont tiré ces coups de feu dans l’espoir d’entraîner avec eux d’autres soldats dans leurs revendications. N’ayant pas trouvé d’adhérents, ils ont préféré prendre la fuite, expliquent ces mêmes sources.

Les complices en cavale sont activement recherchés par les services de sécurité. Un ratissage serait en cours et les contrôles renforcées aux sorties de Conakry.

Le camp militaire Alpha Yaya Diallo a été jadis l'épicentre de toutes les contestations militaires en Guinée. C’est de là que sont partis toutes les mutineries et autres revendications des soldats dans les années 1990, notamment celle mémorable des 2 et 3 février 1996 qui avait fait des morts et des dégâts matériels alors estimés à plusieurs milliards de francs guinéens. 

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Pendant ce temps dans le quartier de Bambeto, réputé favorable à l’opposition, des jeunes ont érigé des barricades et jeté des pierres sur les forces de l’ordre qui ont répondu à coup de pierres et de gaz lacrymogène.