Guillaume Meurice se moque de Bolloré dans son livre, Editis en suspend la publication

French humorist Guillaume Meurice poses during a photo session in Paris on April 5, 2017. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)
LIONEL BONAVENTURE / AFP French humorist Guillaume Meurice poses during a photo session in Paris on April 5, 2017. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)

LIONEL BONAVENTURE / AFP

Guillaume Meurice devait publier un livre fin septembre 2022, mais son humour n’a pas plu à Editis, maison d’édition qui appartient à Vincent Bolloré.

LIVRE - Les blagues de Guillaume Meurice n’ont pas fait rire la direction de cette maison d’édition détenue par Vincent Bolloré. Selon un article du Monde publié ce lundi 13 septembre, la parution du prochain livre de l’humoriste de France Inter a été suspendue par Editis en raison d’une pique visant le premier actionnaire de Vivendi, maison mère de l’éditeur.

Intitulé Le fin mot de l’histoire de France en 200 expressions, le dictionnaire humoristique écrit par Guillaume Meurice et la metteuse en scène Nathalie Gendrot devait paraître le 29 septembre aux éditions Le Robert. L’ouvrage visait à remettre au goût du jour des expressions françaises en les associant à l’actualité. En août, la direction de la maison tique sur deux définitions proposées les auteurs : « Faire long feu », décrite comme une « expression remplacée aujourd’hui par : ’révéler sur Canal+ les malversations de Vincent Bolloré’ » et « être talon rouge », définie ainsi par les deux auteurs : « Aujourd’hui, les Louboutin jouent le même rôle : bien montrer aux autres qu’on est capable de porter un smic à chaque pied. »

Pour la première, qui ironise sur la mainmise de Vincent Bolloré sur Canal+, Guillaume Meurice refuse tout changement, ce que Charles Bimbenet, directeur des éditions Le Robert, accepte. Pour la seconde, l’humoriste reconnaît que la marque de chaussures à la semelle rouge à tendance à attaquer tout contenu qui lui est défavorable. Hasard ou pas, la marque de chaussures favorite de la directrice d’Editis, Michèle Benbunan, qui a décidé de suspendre la parution du livre, est… Louboutin, assure le Monde.

« La liberté d’expression selon Vincent Bolloré »

Ce mardi 13 septembre, soit un mois après le premier échange entre Guillaume Meurice et Charles Bimbenet sur les deux définitions contestées, le directeur des éditions Le Robert rappelle l’humoriste : cinq autres extraits sont remis en cause, notamment celui sur les livreurs Deliveroo, comparés à de la « chair à canon ». Ces passages peuvent relever « de la diffamation, de l’injure et de la calomnie », justifie direction de la communication du groupe auprès du Monde, qui ajoute qu’« en général, les auteurs le comprennent et revoient leur copie ».

Après ces révélations, Guillaume Meurice n’a pas fait de commentaires mais a relayé l’article de la journaliste Ariane Chemin. Plusieurs personnalités ont en tout cas apporté leur soutien à l’humoriste, à l’image du député LFI Bastien Lachaud, de la sénatrice écologiste Esther Benbassa ou encore de l’écrivaine Florence Porcel. Tous dénoncent l’entrave à la « liberté d’expression » et la « censure » de Bolloré.

Après avoir fait fortune dans l’industrie, Vincent Bolloré s’est attaché à peser dans les médias, via son groupe Vivendi. Il est désormais présent dans l’audiovisuel, la presse écrite et l’édition. Il tente aussi de racheter Hachette, numéro 1 de l’édition en France. Cette concentration des médias dans les mains d’un seul homme inquiète, d’autant que les accusations d’ingérences se multiplient.

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