Guerre du Vietnam : la franco-vietnamienne Tran To Nga défie les multinationales qui ont fabriqué de l'agent orange

C’est une femme déterminée qui demande réparation. Les plaidoiries se déroulent lundi 25 janvier à Évry (Essonne), dans le cadre d’un procès qui oppose Tran To Nga, une franco-vietnamienne de 79 ans, et 36 multinationales qu’elle accuse d’avoir empoisonné des millions de Vietnamiens pendant la guerre. Elle les poursuit désormais en justice. En effet, les multinationales fabriquaient l’agent orange, un désherbant puissant versé en masse par l’aviation américaine. "Ce sont eux qui ont répandu la mort", estime-t-elle. Une femme qui ne lâche rien Tran To Nga a 24 ans lorsqu’elle prend le maquis en pleine guerre du Vietnam. Elle rejoint les rangs de ceux qui résistent aux Américains, en tant que journaliste. À cette époque, l’armée américaine aurait déversé 80 millions de litres de défoliant, dont l’agent orange. Ce produit très toxique détruit notamment les forêts et permettait de déloger la population vietnamienne. "J’ai reçu en direct le poison, j’ai pataugé aussi dans des mares, dans des étangs", témoigne Tran To Nga.