Guerre en Ukraine: Zinchenko se dit "tellement déçu" par ses amis russes

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Le milieu de terrain ukrainien de Manchester City, Oleksandr Zinchenko, à l'échauffement avant le match de la 27e journée de Premier League contre Everton, le 26 février 2022 au Goodison Park à Liverpool - Oli SCARFF                           © 2019 AFP
Le milieu de terrain ukrainien de Manchester City, Oleksandr Zinchenko, à l'échauffement avant le match de la 27e journée de Premier League contre Everton, le 26 février 2022 au Goodison Park à Liverpool - Oli SCARFF © 2019 AFP

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"Je déteste tellement les Russes." Dans une longue interview pour The Guardian, Oleksandr Zinchenko, latéral gauche de Manchester City, a dénoncé le silence des footballeurs russes au sujet de la guerre en Ukraine. "J'ai des amis là-bas, un petit cercle, mais maintenant il s'est réduit presque à néant, explique le joueur, qui a évolué pendant une saison (2015-2016) au FK Oufa, en Russie. Je suis tellement déçu. Les gars que je connais m'ont appelé dès que l'invasion s'est produite, ils m'ont envoyé des textos : 'Je suis vraiment désolé Alex, mais nous ne pouvons rien faire.' Bien sûr qu'on peut. Si vous restez silencieux, cela signifie que vous soutenez ce qui se passe en Ukraine en ce moment."

"Je ne peux même pas décrire ce que je ressens à leur égard"

Un message qu'il avait déjà fait passer dès les premiers jours de l'invasion russe en Ukraine, où il avait notamment dénoncé sur les réseaux sociaux le silence d'Artyom Dzyuba, buteur et capitaine emblématique de la Sbornaïa. Zinchenko est persuadé que ce silence ne peut être que volontaire. "Peut-être qu'ils ont peur, parce que nous voyons des photos sur les médias sociaux de Russes emmenés en prison s'ils protestent, reconnaît-il. Mais regardez les footballeurs en particulier, ou n'importe qui avec une audience massive. Pouvez-vous croire que, s'ils postaient tous quelque chose sur Instagram au même moment en disant : 'Les gars, nous sommes contre la guerre, nous devons l'arrêter', ils seraient tous arrêtés ? Bien sûr que non. Et c'est tellement dommage qu'ils ne disent rien."

Choqué par les images d'Irpin et Butcha, deux villes de la banlieue ukrainienne, le natif de Radomyshl, également proche de la capitale, dit vivre "un cauchemar". "C'est un choc pour le monde entier, les choses qu'ils ont faites là-bas... Des choses terribles, effrayantes. Ils ont tué nos civils. Ils ont tué nos enfants. Ils ont violé nos femmes et nos filles. Ils ont tué nos chiens et les ont même mangés. Je ne peux même pas commencer à décrire ce que je ressens à leur égard."

"Je déteste tellement les Russes"

Pour lui tout ces actes sont à qualifier de génocide, l'envahisseur ayant selon lui "tenté d'effacer non seulement l'Etat ukrainien, mais aussi l'idée d'être ukrainien". "Je déteste tellement les Russes, pour tout ce qu'ils ont fait au peuple ukrainien et à l'Ukraine, s'indigne celui qui rappelle que les deux peuples ne sont plus frères. Et je déteste les gens en Russie qui essaient de convaincre les autres que c'est de la propagande. C'est embarrassant. Comment peuvent-ils dire cela ? Les gens m'envoient les vraies photos, les vrais faits. Les corps de nos civils morts sont restés sur le sol pendant deux semaines. Ils doivent en assumer la responsabilité."

Ayant repris le football après avoir manqué quelques entraînements lors des premiers jours de l'invasion, le latéral ukrainien dit avoir encore du mal à vivre sans ne penser à l'Ukraine, et que ses yeux ne quittent plus son téléphone, pour suivre l'actualité ou prendre des nouvelles de ses proches. Et pour continuer d'informer sur ce qu'il se passe dans son pays, avec la crainte que cela finisse par passer au second plan : "Cela fait plus de sept semaines maintenant et vous pouvez voir que certaines personnes commencent à oublier, à s'adapter à la brutalité de mon pays. Non, non, non. Les gens sont affamés, ils meurent, des corps sont découverts, alors comment peut-on se détendre ? Vous devez parler encore plus. Je déteste les gens qui ont envahi notre pays, de plus en plus chaque jour. Je n'arrêterai pas d'en parler, parce que le monde entier doit connaître la vérité."

Article original publié sur BFMTV.com

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