Guerre en Ukraine: la Turquie veut obtenir des "cessez-le-feu localisés"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à Ankara le 1er février 2022  - Adem ALTAN © 2019 AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à Ankara le 1er février 2022 - Adem ALTAN © 2019 AFP

La Turquie souhaite promouvoir des "cessez-le-feu localisés" en Ukraine faute d'espérer un accord de paix plus global à ce stade, a indiqué ce samedi Ibrahim Kalin, proche conseiller du président Recep Tayyip Erdogan.

"Personne ne veut cesser le combat"

Ni la Russie ni l'Ukraine "n'est en situation de l'emporter militairement", a-t-il par ailleurs estimé, se disant convaincu "qu'à la fin, ils devront négocier pour parvenir à une issue acceptable" pour les deux parties.

"Pour le moment personne ne veut cesser le combat mais nous devons continuer de les y appeler", a estimé le conseiller.

"Si nous ne pouvons parvenir à un accord de paix global, nous allons chercher à (obtenir) des cessez-le-feu localisés, limités, des désescalades locales", a-t-il développé.

"Le pire défi international depuis la Deuxième guerre mondiale"

Depuis le début du conflit le 24 février, la Turquie - qui maintient de bonnes relations avec les deux capitales - a offert sa médiation pour mettre fin à la guerre, "le pire défi international depuis la Deuxième guerre mondiale", a insisté Ibrahim Kalin devant des journalistes de plusieurs médias étrangers.

"Nous avons déjà remporté quelques succès", a-t-il fait valoir citant l'accord signé l'été dernier sur les exportations de céréales ukrainiennes via la mer noire et le Bosphore (près de 18 millions de tonnes exportées à ce jour) et la facilitation d'échanges de prisonniers de guerre.

"Mais ce n'est pas assez (...), seulement une petite partie d'un puzzle bien plus large".

La Turquie veut des "garanties de sécurité" pour Moscou et Kiev

Pour lui, tout accord de paix devra être "plus large" que le seul duo Russie-Ukraine et offrir des "garanties de sécurité pour les deux parties".

"La Russie veut être respectée comme acteur majeur et obtenir des garanties de sécurité, notamment que l'Otan n'entrera pas dans son arrière-cour".

Et "l'Ukraine n'intègrera pas l'Otan mais recevra elle aussi des garanties de sécurité à ses frontières", a avancé Ibrahim Kalin.

Article original publié sur BFMTV.com