Guerre en Ukraine : avec Soledar et Guerassimov, la Russie prête à changer d’approche ?

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GUERRE EN UKRAINE - Si la période des fêtes a été marquée - sur le papier au moins - par une trêve du conflit en Ukraine, les premiers jours de 2023 se placent plutôt sous le signe du changement. Des changements entrepris principalement par Moscou et qui font écho à une certaine impatience du Kremlin, comme nous vous l’expliquons dans notre vidéo en tête d’article.

Parmi les récentes mesures de Vladimir Poutine : changer l’homme à la tête de l’invasion en Ukraine. Le président russe a ainsi relégué au deuxième rang Sergei Sourovikin, en poste depuis 3 mois, en le remplaçant par Valéri Guerassimov. Ce dernier, chef d’État-major des armées depuis 10 ans, a désormais les rênes de « l’opération spéciale ».

En Russie ou ailleurs, il est pourtant rarissime de désigner un Chef d’état-major comme responsable d’une seule opération. En général, celui qui coordonne, anticipe, évalue la menace globale, ne peut être celui qui commande sur le terrain. « La dernière fois que c’est arrivé, c’était en 1941 pendant l’invasion nazie », précise auprès de l’AFP un analyste moscovite sous couvert de l’anonymat. Pour lui, la nomination de Valéri Guerassimov révèle ainsi que « les choses ne se passent pas comme prévu ».

Des combats plus violents

De fait après près d’un an, l’invasion de la Russie s’enlise. De quoi générer de la frustration et donc la violence ? À Soledar, en banlieue de Bakhmout, ce sont en tout cas de très intenses combats qui ont cours depuis plusieurs jours.

« C’est une phase difficile de la guerre, mais nous la gagnerons (...) Nos combattants essaient courageusement de tenir notre défense », indiquait dans la semaine la vice-ministre de la Défense Ganna Maliar, évoquant un ennemi russe transformé en rouleau compresseur et qui « a jeté toutes ses forces dans la bataille ».

Pour l’analyste militaire Anatoli Khramtchikhine, la prise de Soledar, petite ville d’environ 10 000 habitants avant guerre, aujourd’hui complètement détruite, permettrait à Moscou, malgré de lourdes pertes, de brandir enfin une victoire militaire, après une série de revers humiliants. Quitte à y perdre beaucoup.

Du point de vue russe, Soledar est aussi une cible idéale pour couper l’approvisionnement des lignes ukrainiennes qui défendent Bakhmout.

Une offensive étendue ?

Une victoire coûte que coûte, une nouvelle équipe à un poste clefs... Pour les observateurs, ces éléments sont autant de signes qui pointent vers la possibilité que Moscou intensifie son opération.

Un nouveau type d’offensive en Ukraine est évoqué depuis plusieurs mois et l’hypothèse d’une nouvelle mobilisation n’est pas exclue, après une première vague en septembre de quelque 300 000 hommes. Pour Mark Galeotti, du think-tank britannique Royal United Services Institute (RUSI), cette décision est la « confirmation, s’il en était besoin, que de sérieuses offensives sont à venir ».

Volodymyr Zelensky craint-il le pire ? C’est en tout cas dans ce contexte que l’Ukraine a réitéré ses appels à ses partenaires occidentaux à lui fournir des armements lourds et des missiles longue portée, en amont d’une nouvelle réunion prévue en Allemagne le 20 janvier ?

Les chancelleries occidentales tardent de leur côté à répondre favorablement aux demandes de Kiev sur ce point et Paris, Londres, Berlin et Washington n’ont promis à ce stade que des chars et autres blindés légers.

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