Guerre en Ukraine : la situation au 15 novembre, cartes à l'appui

Le ministère russe de la Défense multiplie les annones de gains territoriaux dans la région de Donetsk, probablement pour souligner que les forces russes y intensifient leurs opérations après leur retrait de la rive droite de Kherson.

Selon l'Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), en faisant des revendications territoriales plus concrètes, Moscou tente de mettre en avant les succès russes dans la région de Donetsk pour détourner le mécontentement concernant les pertes à Kherson.

Le groupe de réflexion affirme qu’après avoir promu le général de l'armée russe Sergueï Sourovikine, Vladimir Poutine l'a probablement laissé se retirer de l'ouest de Kherson à condition qu'il s’empare du reste de la région de Donetsk en utilisant les forces russes réaffectées et les nouveaux mobilisés.

Quelles sont les forces russes qui opèrent dans cette région de Donetsk ?

Selon l'Institut américain pour l’étude de la guerre, elles comprennent des unités conventionnelles des forces armées russes régulières, des militaires mobilisés, des mercenaires du groupe Wagner, des réservistes volontaires, des unités de milice des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, des soldats des unités tchétchènes de Ramzan Kadyrov et des bataillons de volontaires.

Cet mélange de forces russes devrait permettre de réaliser quelques gains grâce au poids du nombre. Mais les défenseurs ukrainiens, probablement également renforcés, devraient pouvoir contenir ces offensives au cours des prochains mois.

Concernant le sud du pays, le ministère ukrainien de la Défense a déclaré qu’avec l'abandon de la ville de Kherson, la Russie a fait de la ville portuaire de Henitchesk, sur la mer d'Azov, une "capitale temporaire" de la région occupée. Des unités de commandement militaire devraient y être redéployés.

Henitchesk est bien placée pour coordonner les actions contre les menaces ukrainiennes potentielles à partir de la ville de Kherson à l'ouest, ou via Melitopol au nord-est, mais aussi pour recevoir des renforts de Crimée.

Elle est surtout actuellement hors de portée des systèmes d'artillerie ukrainiens qui ont infligé de lourds dégâts aux postes de commandement russes.