Guerre en Ukraine : le scientifique qui mesure l'hécatombe des dauphins en mer Noire

AFP - Dimitar DILKOFF

Ivan Roussev, 63 ans, est le directeur scientifique du parc national des Lagunes de Touzly, dans le sud-ouest de l'Ukraine. Depuis le début de l'invasion russe, il a retrouvé des carcasses de dauphins par dizaines.

Concentré, l'œil rivé au loin, Ivan Roussev arpente un bout de plage de la mer Noire, à la recherche d'une forme échouée qui paraîtrait anormale. Soudain, il se précipite : peut-être une carcasse de dauphin, comme il en a retrouvé par dizaines depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine. Fausse alerte. "C'était un enchevêtrement de filets rejeté par la mer", annonce-t-il d'un ton joyeux. Aujourd'hui, la quête est vaine et le scientifique ne cache pas son soulagement.

"Cette année, sur les seuls cinq kilomètres où on a le droit d'opérer, on en a déjà récupéré 35"

Visage buriné, chapeau ramené d'aventures passées en Asie centrale, M. Roussev, 63 ans, est le directeur scientifique du parc national des Lagunes de Touzly, 280 km2 de côtes protégées en Bessarabie, zone historique isolée de la région d'Odessa, dans le sud-ouest de l'Ukraine.

L'endroit pourrait sembler paradisiaque avec ses plages de sable fin et son eau transparente. Mais chaque jour, quand il part faire son inspection matinale dans ce territoire quadrillé par l'armée, longeant des mines antichar déposées au bord du chemin, Ivan Roussev se demande s'il va retrouver un nouveau dauphin. "L'année dernière, sur nos 44 kilomètres de côte, on a retrouvé en tout et pour tout trois dauphins", dit-il à l'AFP : "Cette année, sur les seuls cinq kilomètres où on a le droit d'opérer, on en a déjà récupéré 35."

Impossible en effet de savoir précisément combien se sont échoués ailleurs dans le parc. Par crainte d'un débarquement russe après le déclenchement de la guerre en février, l'armée ukrainienne y a pris position, en interdisant la majeure partie aux employés du parc.

Le bilan est "terrifiant"

Mais le bilan est "terrifiant", insiste M. Roussev, originaire de la région et qui a commencé dès le premier jour de l'invasion russe à recenser les effets de la guerre sur la faune et la flore, dans un journal de bord très suivi sur Facebook.

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