La guerre en Ukraine s’invite à la Biennale de Venise

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La guerre en Ukraine s’invite à la Biennale de Venise
PHOTO / VINCENZO PINTO / AFP

Il sera bien là. Ce 23 avril, quand la Biennale de Venise va ouvrir ses portes, l’artiste ukrainien Pavlo Makov sera dans le pavillon de son pays. Il doit y exposer, jusqu’au 27 novembre, sa sculpture La Fontaine de l’épuisement, un assemblage pyramidal de 78 entonnoirs en bronze, initialement conçu dans les années 1990.

La présence de Pavlo Makov a des allures de miracle, tant le début de l’offensive sur l’Ukraine, le 24 février, a chamboulé les derniers préparatifs de la Biennale, l’une des plus grandes manifestations d’art contemporain au monde. La présence de l’artiste n’a été possible qu’au prix “d’une course contre la guerre et le temps” menée par l’équipe ukrainienne et les organisateurs de la Biennale, explique The New York Times.

Odyssée à travers l’Europe

Le quotidien américain détaille les conditions rocambolesques dans lesquelles la sculpture et son concepteur ont pu sortir d’Ukraine. La sculpture, d’abord. La veille du conflit, sentant gronder la menace, c’est Maria Lanko, l’une des commissaires du pavillon ukrainien, qui a réparti les 78 entonnoirs dans trois cartons et a embarqué le tout sur le siège arrière de sa voiture, depuis Kiev. Au bout de trois semaines harassantes de voyage, à raison de dix heures de conduite par jour sur des routes secondaires, elle a réussi à rallier Vienne, et, de là, à envoyer la fontaine à Milan, en pièces détachées.

L’artiste, ensuite. Makov avait d’abord décidé de rester dans sa ville de Kharkiv. Au bout de plusieurs jours de bombardements, il est parti en catastrophe pour mettre sa famille en sécurité. Lui aussi est passé par Vienne, puis Milan.

In extremis à Venise

À Milan, il a fallu trouver un artisan pour réassembler les pièces de la fontaine. Une opération qui a coûté beaucoup plus cher que prévu, et qui n’aurait pas été menée à bien sans l’aide financière des organisateurs de la Biennale. Vers la mi-avril, la sculpture était enfin à Venise, juste à temps pour les visites en avant-première.

“Je ne me sens pas dans le rôle d’un artiste, je suis ici avant tout en tant que citoyen ukrainien. Il est de mon devoir de faire en sorte que l’Ukraine soit représentée à la Biennale”, confie Pavlo Makov au New York Times. Pour Maria Lanko, il était crucial de prouver que l’Ukraine, même en guerre, garde sa force créatrice. “Le monde ne sait pas grand-chose de la culture et de l’art ukrainiens”, argumente-t-elle.

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