Guerre en Ukraine: la Russie est-elle en train de reprendre le dessus?

Guerre en Ukraine: la Russie est-elle en train de reprendre le dessus?
Un char russe près de Bakhmout, dans la région du Donetsk, en Ukraine, le 30 novembre 2022 - Anatolii STEPANOV / AFP
Un char russe près de Bakhmout, dans la région du Donetsk, en Ukraine, le 30 novembre 2022 - Anatolii STEPANOV / AFP

À près d'un mois du premier anniversaire de la guerre en Ukraine, assiste-t-on à un retour en force de la Russie? Moscou affirme avoir obtenu une victoire la semaine dernière, revendiquant la prise de la ville de Soledar, dans l'est de l'Ukraine, située près de celle de Bakhmout dont les Russes essaient de s'emparer depuis des mois. Une potentielle prise qui a fait dire à Vladimir Poutine dimanche que son pays était dans "une dynamique positive" sur le front.

Alors que Moscou essuie depuis plusieurs mois des échecs militaires, comme celui de son retrait de Kherson, "il serait très dangereux de sous-estimer la Russie", a estimé mercredi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, au Forum économique mondial de Davos, en Suisse.

"Vladimir Poutine prévoit de nouvelles offensives et il est prêt à sacrifier sa jeunesse. Il a mobilisé plus de 200.000 combattants et il est en train d'acquérir des armes auprès de régimes autoritaires comme l'Iran", a-t-il averti.

"Le temps est compté", a insisté le chef de l'alliance militaire, demandant plus de soutien des pays occidentaux pour l'Ukraine.

Une nouvelle action stratégique attendue

Plusieurs observateurs anticipent en effet une nouvelle montée en puissance de la Russie, sans pouvoir la dater précisément. Pour l'Institute for the study of war (ISW), un centre de réflexion américain, "le Kremlin se prépare probablement à mener, au cours des six prochains mois, une action stratégique décisive destinée à reprendre l'initiative et à mettre fin à la série actuelle de succès opérationnels de l'Ukraine".

L'ISW fait état dans une note du 15 janvier de "preuves émergentes" montrant que le président russe "modifie des aspects fondamentaux de l'approche russe de la guerre en entreprenant plusieurs nouvelles lignes d'effort".

Le centre de réflexion rapporte par exemple que "l'armée russe conserve le personnel mobilisé pour une utilisation future - une inflexion par rapport à l'approche initiale du Kremlin qui consistait à précipiter des soldats non entraînés sur le front à l'automne 2022".

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, prévoyait aussi début janvier sur LCI une "contre-attaque plutôt terrestre" à horizon "février-mars", s'appuyant sur les forces mobilisées en septembre.

"Il est clair qu'on va aller dans un moment de massification, où les Russes vont jeter toutes leurs forces dans la bataille", affirmait le ministre, ajoutant que "le premier trimestre 2023 va être assez déterminant".

Vers une seconde mobilisation?

Pour les autorités ukrainiennes, cette "massification" pourrait s'appuyer sur une nouvelle vague de mobilisation en Russie, comme l'expliquait le chef adjoint des renseignements ukrainiens Vadym Skibitsky dans le Guardian la semaine dernière. La première "mobilisation partielle" a été annoncée par Vladimir Poutine en septembre et a donné lieu à l'enrôlement de 300.000 personnes, selon la Russie.

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Cette thèse est aussi envisagée par le ministère britannique de la Défense. Le 15 janvier, dans son bulletin quotidien sur la situation en Ukraine, il estimait "tout à fait possible que les dirigeants russes espèrent qu'une modification des critères d'âge pour la conscription pourrait renforcer les effectifs disponibles pour combattre en Ukraine tout en paraissant moins alarmant pour la population que l'annonce d'un nouveau cycle de l'impopulaire processus de 'mobilisation partielle'".

Relever l'âge maximum du service militaire obligatoire de 27 à 30 ans a par exemple été évoqué en Russie, selon le ministère.

Article original publié sur BFMTV.com