Guerre en Ukraine: la Russie admet avoir frappé le port d'Odessa

Le port d'Odessa, ici en 2016, a été visé par des frappes russes le 22 juillet 2022.
Le port d'Odessa, ici en 2016, a été visé par des frappes russes le 22 juillet 2022.

Le port d'Odessa, ici en 2016, a été visé par des frappes russes le 22 juillet 2022.

GUERRE EN UKRAINE - La Russie change de discours. Après avoir assuré qu’elle n’avait rien à voir dans les frappes ayant touché le port d’Odessa, Moscou a annoncé ce dimanche 24 juillet qu’elle avait bien détruit la veille un navire militaire ukrainien et des missiles livrés par les États-Unis.

“Des missiles de haute précision et de longue portée lancés depuis la mer ont détruit un navire militaire ukrainien à quai et un stock de missiles antinavires Harpoon livrés par les États-Unis au régime de Kiev”, a indiqué le ministère russe de la Défense en ce jour qui marque le cinquième mois depuis le début du conflit.

“Une usine de réparation et de modernisation de navires de l’armée ukrainienne a aussi été mise hors d’usage”, a poursuivi le ministère, dans un communiqué publié sur son compte Telegram. Plus tôt dans la journée, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, avait affirmé qu’une “vedette militaire” ukrainienne avait été détruite lors de cette frappe.

L’accord sur l’exportation de blé déjà torpillé

“Des missiles Kalibr ont détruit des infrastructures militaires du port d’Odessa, avec une frappe de haute précision”, a-t-elle écrit sur Telegram, en réponse à une déclaration du président ukrainien Volodymyr Zelensky affirmant que ces frappes avaient détruit la possibilité d’un dialogue ou d’une entente avec Moscou. Ni l’armée russe, ni Maria Zakharova, n’ont fourni d’éléments prouvant ces dires. L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces annonces de source indépendante.

Après ces tirs sur Odessa, l’Ukraine a accusé Vladimir Poutine d’avoir “craché au visage” de l’ONU et de la Turquie et de compromettre l’application de l’accord signé vendredi sur la reprise des exportations des céréales bloquées par le conflit.

Un porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne avait affirmé que “le port d’Odessa, où les céréales sont traitées en vue d’être expédiées, a été bombardé. Nous avons abattu deux missiles et deux autres missiles ont touché le territoire du port, où, évidemment, il y a des céréales”.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie - deux pays qui assurent notamment 30% des exportations mondiales de blé - a conduit à une flambée des cours des céréales et des huiles, frappant durement le continent africain très dépendant de ces pays pour son approvisionnement.

La guerre entre dans son 6e mois

La guerre en Ukraine qui entre dans son sixième mois ne connaît pas de répit sur les fronts de Mykolaïv (sud), dans la région de Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays située dans le nord-est, dans la région de Kherson (sud), et dans les deux territoires séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk, dans l’est de l’Ukraine, selon la présidence ukrainienne.

Situation en Ukraine au 22 juillet 2022.
Situation en Ukraine au 22 juillet 2022.

Situation en Ukraine au 22 juillet 2022.

“Mykolaïv a de nouveau été bombardée” ce dimanche matin après avoir été visée samedi soir par quatre missiles de croisière de type Kalibr”, qui ont fait cinq blessés dont un adolescent et endommagé plusieurs immeubles, selon cette source.

La présidence ukrainienne a également fait état de bombardements dans la région de Kharkiv, où “plusieurs bâtiments résidentiels ont été endommagés et des bâtiments résidentiels ont été incendiés”.

Au moins 5.000 morts, dont 300 enfants

En outre, Kiev fait état d’une situation préoccupante dans la région largement occupée de Kherson par les forces russes depuis leur invasion de l’Ukraine le 24 février, même si les Ukrainiens y mènent une contre-attaque. “Les habitants de presque tous les districts de la région (...) signalent de nombreux bombardements et explosions”, selon la même source.

La guerre en Ukraine, qui a également poussé à l’exode des millions de personnes, a fait des milliers de morts.  Il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit mais l’ONU a recensé près de 5.000 morts confirmés, dont plus de 300 enfants, même si leur nombre véritable est sans doute largement supérieur. Pour la seule ville de Marioupol (sud-est), les autorités ukrainiennes parlent de quelque 20.000 morts.

Sur le plan militaire, le chef d’état-major des armées britannique, l’amiral Tony Radakin, a évalué dimanche dernier à 50.000 le nombre de soldats russes tués ou blessés. Kiev a fait état de 10.000 morts dans ses troupes. Aucune statistique indépendante n’est disponible. Selon l’Unesco, plus de 150 sites culturels ont été par ailleurs partiellement ou totalement détruits.

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