Guerre en Ukraine: avec la reprise de Robotyne, la contre-offensive de Kiev s'accélère

Une contre-offensive qui entre dans une phase décisive? Ce lundi, les autorités ukrainiennes ont confirmé avoir repris la localité de Robotyne, un petit village situé au nord-est de Melitopol, aujourd'hui réduit à un champ de ruines. Une prise synonyme d'une percée vers le Sud des forces de Kiev, qui souhaiteraient dans l'idéal continuer leur progression jusqu'à la mer d'Azov.

La prise de Robotyne n'est pas négligeable. Si son intérêt purement territorial reste marginal, son intérêt symbolique est en revanche bien plus intéressant. La localité est en effet située en plein cœur de la ligne de défensive russe, au sein de laquelle les soldats ukrainiens avaient tant de mal à pénétrer ces dernières semaines.

"Nous avons réussi à franchir les routes principales qui étaient minées. Juste derrière, il y a les routes non minées utilisées par la logistique russe pour approvisionner leurs troupes. Nous nous rapprochons de ces lignes ou nous allons pouvoir aller plus vite et plus loin", dit le commandant du bataillon d'assaut Skala, qui a justement repris Robotyne.

Une offensive jusqu'à la mer d'Azov?

Dans les faits, cette brèche réalisée pourrait créer un appel d'air, et la chute de localités bien plus importantes. Selon les spécialistes de la question militaire, l'objectif ukrainien pourrait maintenant être de reprendre les villes de Tokmak et de Melitopol, un hub logistique capital pour Moscou situé une soixantaine de kilomètres plus au sud, et ainsi couper une partie de l'armée russe de son approvisionnement.

"La saisie de Melitpol permettrait d'isoler la partie ouest avec la Crimée de la partie est. Ce serait un coup très dur pour les Russes puisqu'il ne resterait pour alimenter la Crimée que le fameux pont de Kertch, qui fait l'objet d'attaques régulières de la part des forces ukrainiennes", confirme, à BFMTV, le général Jérôme Pellistrandi, consultant défense de notre antenne.

La partie est toutefois bien loin d'être gagnée. Avant d'atteindre ces prochains objectifs, les forces ukrainiennes doivent se heurter à deux autres lignes de fortifications mises en placs par les Russes, composée de champs de mines, de dents de dragon et autres tranchées.

De fait, la prise de Robotyne peut permettre aux Ukrainiens de voir plus loin. Auprès de Reuters, le leader du bataillon Skala ne cache d'ailleurs pas ses objectifs. "J'ai immédiatement fait comprendre à mes combattants: notre objectif n'est pas Robotyne, notre objectif est la mer d'Azov", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com