Guerre en Ukraine: le port d'Odessa frappé, l'accord sur le blé en danger?

Du blé ukrainien stocké à Izmail, dans la région d'Odessa, le 14 juillet 2022 - Oleksandr Gimanov - AFP
Du blé ukrainien stocké à Izmail, dans la région d'Odessa, le 14 juillet 2022 - Oleksandr Gimanov - AFP

Une frappe aussi symbolique qu'incompréhensible aux yeux de la communauté internationale. Ce samedi, l'armée russe est accusée d'avoir ciblé avec plusieurs missiles le port d'Odessa au sud-est de l'Ukraine, port très stratégique qui donne sur la mer Noire. Car c'est un lieu de stockage pour les exportations de céréales issues de l'agriculture ukrainienne.

"Le port d'Odessa, où les céréales sont traitées pour l'expédition, a été bombardé. Nous avons abattu deux missiles, et deux autres missiles ont touché le territoire portuaire, où, évidemment, il y a des céréales", a déclaré le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne Iouri Ignat.

La veille, pourtant, les deux pays voisins ont signé un accord inédit pour reprendre les exportations de céréales depuis l'Ukraine face aux risques de famines mondiales. Il doit permettre d'exporter entre 20 et 25 millions de tonnes de grain bloquées en Ukraine. Depuis le début de l'invasion, les prix des huiles et des céréales ont flambé frappant le monde entier, en particulier le continent africain.

"Elle trouvera des moyens de ne pas l'appliquer"

La reprise de ces frappes de l'armée de Vladimir Poutine n'a donc pas manqué de faire réagir. Le président russe a "craché au visage du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et du président turc Recep (Tayyip) Erdogan, qui ont déployé d'énormes efforts pour parvenir à cet accord", a affirmé le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko.

Le président Volodymyr Zelensky a ensuite accusé Moscou de violer systématiquement ses engagements:

"Cela ne prouve qu'une seule chose: peu importe ce que la Russie dit et promet, elle trouvera des moyens de ne pas l'appliquer."

Antonio Guterres a lui "condamné" sans équivoque" ces attaques, soulignant que "la mise en oeuvre intégrale (de l'accord) par la Fédération de Russie, l'Ukraine et la Turquie est impérative".

De son côté, Moscou a nié toute implication auprès d'Ankara. "Les Russes nous ont dit qu'ils n'avaient absolument rien à voir avec cette attaque et qu'ils examinaient la question de très près", a affirmé le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, qui s'est dit "préoccupé" par les frappes.

"Nous pouvons honorer notre partie de l'accord"

"La Russie ne respecte pas du tout l'accord. Pour nous, la question est d'envoyer les céréales pour arrêter cette famine artificielle que Vladimir Poutine a organisée", a souligné Oleksiy Goncharenko, député de la circonscription d'Odessa sur l'antenne de BFMTV ce samedi.

Si ces frappes fragilisent très fortement l'accord entre les deux pays voisins sur les céréales, le député a assuré que l'Ukraine respectera les termes du pacte signé sous l'égide de la Turquie.

"Heureusement, il n'y a pas beaucoup de destructions dans le port et nous pouvons honorer notre partie de l'accord et recevoir les bateaux pour organiser l'exportation de céréales", a-t-il fait savoir.

Car l'accord signé concerne uniquement les exportations de céréales, et ne prévoit pas de cessez-le-feu. Seuls des couloirs sécurisés en mer Noire sont prévus par les deux parties pour acheminer les marchandises en toute sécurité.

"Ce n'est pas nécessairement impossible de faire appliquer l'accord même si les Russes frappent la ville d'Odessa", a expliqué ce samedi Etienne de Poncins, ambassadeur de France en Ukraine, invité de BFMTV. "Les Ukrainiens disent qu'ils sont prêts à appliquer l'accord."

Article original publié sur BFMTV.com

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