Guerre en Ukraine - "Dans mes pires cauchemars, je ne pouvais pas imaginer ça" : le récit glaçant de Wladimir Klitschko

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L’ancien champion du monde de boxe engagé dans la défense de son pays dénonce auprès de Yahoo "un génocide" et des "crimes de guerre" commis par l’armée russe en Ukraine.

Il y a sept ans, il se battait sur les rings. Le voici engagé dans la défense territoriale de Kiev pour défendre sa ville et ses habitants. Depuis le début de l’invasion russe fin février, Wladimir Klitschko n’a de cesse de dénoncer les agissements de l’armée de Vladimir Poutine et d’en appeler à l’aide internationale.

Depuis la capitale ukrainienne, dont son grand frère Vitali est le maire, il a répondu aux questions de Yahoo et livré son récit d'une guerre "sans pitié et inhumaine".

"Poutine commet des crimes de guerre, et un génocide"

"La Russie de Poutine a montré son vrai visage. Le monde entier l’a vu", estime Wladimir Klitschko. De nombreux cadavres retrouvés début avril à Boutcha, près de Kiev, ont suscité l’indignation internationale.

"Je ne comprends pas que toutes les discussions et négociations avec Poutine, avant la guerre, ne l’aient pas empêché de faire ce qu’il a fait, commettre des crimes de guerre, et un génocide". Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a lui aussi accusé le chef d'État russe de perpétrer un génocide, et le président américain Joe Biden a employé ce mot pour la première fois ce mardi.

"La propagande russe empoisonne les esprits"

Côté russe, on continue de nier ces allégations, le locataire du Kremlin ayant même qualifié le massacre de Boutcha de "fake". "La propagande selon laquelle [cette guerre] est une opération de dénazification de l’Ukraine empoisonne les esprits en Russie", déplore Wladimir Klitschko qui dénonce les "mensonges" du Kremlin.

"Ce qui est accompli ici par l’armée russe est la même chose, ou bien pire, que le nazisme sous Hitler", affirme l’ancien boxeur. Pour lui, "la troisième guerre mondiale est en train de se produire ici", mais il ne doute pas que "le monde ripostera".

"Ce n'est pas un cauchemar (…) malheureusement, c'est la réalité"

Wladimir Klitschko relate aussi les atrocités qu’il a constatées près du front : les civils torturés avant d’être exécutés sommairement, d’autres écrasés par des tanks et abandonnés sur la route, les restes de leurs corps exposés à la lumière du jour".

"Je n'aurais pas imaginé, dans mes pires cauchemars, voir des civils dans leurs voitures avec une pancarte "enfants" se faire tirer dessus", confie-t-il. "Voir autant de sang, de jeunes femmes, d'hommes, de personnes âgées à genoux, les mains derrière le dos, avant d'être exécutés d'une balle dans la tête"..."Ce n'est pas un cauchemar, (…) Malheureusement, c'est la réalité."

"Je ne pouvais pas imaginer que la guerre était à ce point sans pitié"

"Dans mon esprit, dans mon pire cauchemar, je ne pouvais pas imaginer que la guerre était à ce point sans pitié, si inhumaine", souffle l'ancien boxeur.

Mardi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que "des centaines de cas de viol" ont été constatés dans les zones précédemment occupées par l'armée russe, "y compris de jeunes filles mineures et de tout petits enfants".

Plus de 4,6 millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion lancée par Vladimir Poutine le 24 février dernier, selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

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