Guerre en Ukraine : des ONG alertent sur la surmobilisation de certaines minorités en Russie

Un soldat russe devant une centrale électrique près de la ville de Shchastya, le 13 avril 2022 dans le sud-est de l'Ukraine lors d'une visite du site organisée par l'armée russe, le 13 avril 2022 - Alexander NEMENOV © 2019 AFP
Un soldat russe devant une centrale électrique près de la ville de Shchastya, le 13 avril 2022 dans le sud-est de l'Ukraine lors d'une visite du site organisée par l'armée russe, le 13 avril 2022 - Alexander NEMENOV © 2019 AFP

Selon plusieurs ONG, certaines populations seraient particulièrement visées par la mobilisation partielle annoncée la semaine dernière par Vladimir Poutine pour renforcer les effectifs russes en Ukraine.

Alors que Vladimir Poutine a annoncé une mobilisation partielle des forces de réserve russes pour aller combattre sur le front ukrainien, des ONG alertent sur une surmobilisation de certaines minorités.

C'est le cas de SOS Crimée (KrymSOS), qui dénonce la proportion de Tatars appelés en Crimée, ce territoire annexé par la Russie en 2014. 90% des convocations envoyées dans cette région leur auraient été adressés, selon des estimations préliminaires citées par l'organisation, alors qu'ils ne représenteraient que 13 à 15% de la population de cette région.

"Une telle ampleur de la mobilisation peut conduire à un génocide caché du peuple tatar de Crimée" dénonce Yevgeny Yaroshenko, analyste de SOS Crimée.

"Un moyen de se débarrasser de nous"

Une surmobilisation pointée du doigt par le président ukrainien qui a déploré un "effort conscient pour détruire la nation tatare de Crimée" dans une vidéo, rappelle The Guardian.

"Les Tatars de Crimée représentent le segment de la population le moins loyal à la Russie, et il était clair qu'ils étaient très soutenus par les récents succès militaires ukrainiens. Maintenant, ils sont punis", analyse pour le journal britannique Tamila Tasheva, cofondatrice de SOS Crimée et représentante du président ukrainien en Crimée.

"Ils ont d'abord essayé de nous acheter, puis ils ont essayé de nous réprimer et maintenant ils voient la mobilisation comme un moyen d'essayer de se débarrasser simplement de nous", a-t-elle ajouté.

"Une mobilisation à 100%"

Même constat en Bouriatie, où l'association Free Buryatia Foundation constate non pas "une mobilisation partielle" mais "une mobilisation à 100%". La présidente de l'organisation a en effet indiqué au Guardian avoir "reçu et identifié plus de 3000 documents livrés en Bouriatie dans les 24 heures suivant l'annonce du projet par Vladimir Poutine."

Le Kremlin a reconnu ce lundi des "erreurs" dans la mobilisation des réservistes, et notamment la convocation de personnes qui devaient être exemptées. Alors que ceux ayant une expérience militaire ou des compétences "pertinentes" devaient être mobilisés, certains profils ayant dépassé l'âge de combattre, malades ou exemptés pour d'autres raisons ont finalement été appelés.

Article original publié sur BFMTV.com

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