Guerre en Ukraine: où en est la contre-offensive de Kiev?

La situation du front ukrainien le 11 septembre 2022. - BFMTV
La situation du front ukrainien le 11 septembre 2022. - BFMTV

Les Ukrainiens ont récemment réalisé d'importantes percées sur le front russe dans l'est du pays. La reconquête de Koupiansk notamment, montre l'évolution du rapport de force sur les lignes de front, qui sont restées figées une bonne partie de l'été.

Fin août, déjà, les forces de Kiev ont lancé une offensive dans le sud du pays, dans la région de Kherson. Cette ville se situe à quelques dizaines de kilomètres du territoire de la Crimée, annexée par la Russie en 2014. Ce dédoublement du front pourrait jouer en faveur de l'Ukraine.

En tout, l'armée affirme avoir, ce dimanche matin, repris plus de 3000km² aux forces russes. "À Kharkiv, nous sommes à 50km de la frontière", affirme le chef de l'armée dans un communiqué. Sur les cartes de BFMTV, on peut voir les régions visées par les contre-offensives ukrainiennes. Compte tenu de l'évolution rapide des lignes de front, elles sont peut-être déjà dépassées.

"Ce que les Ukrainiens essayent de jouer, c'est la dislocation. Fin août, ils ont lancé une offensive dans le sud, qui n'a finalement pas été extraordinaire [...]. En réalité, ça leur a permis de faire revenir une grande partie des forces russes, et au moment où elles se sont déplacées, elles ont attaqué vers le nord", analyse sur notre antenne Guillaume Ancel, ancien officier de l'Armée française.

Les Ukrainiens s'exposent à leur tour à une contre-offensive

Cette tactique pourrait permettre aux soldats de l'armée ukrainienne de continuer à progresser. "S'ils arrivent à s'interpénétrer dans les forces russes, les Russes ne peuvent pas lancer de contre-offensive, car ils ne peuvent pas utiliser leur artillerie", ajoute Guillaume Ancel.

L'armée ukrainienne assure avoir repris Koupiansk et être en train de reconquérir Izioum, deux pôles ferroviaires importants aux portes du Donbass. Mais il faut rester prudent selon Guillaume Ancel: "[Le retrait des troupes russes] concède une victoire aux Ukrainiens, mais ils vont peut-être devoir affronter une artillerie dix fois plus puissante que la leur" avertit Guillaume Ancel.

Il faut aussi s'attendre à une réaction du président russe, Vladimir Poutine. Cette défaite pourrait écorner son image d'autorité et la réussite affichée de son "opération spéciale".

"Forcément, il va tenter quelque chose", assure l'ancien officier. Selon lui, le président russe pourrait tenter d'employer une "arme de très grande puissance" pour tenter de tuer le président ukrainien Volodymyr Zelensky et de désorganiser le commandement ukrainien.

Article original publié sur BFMTV.com