Guerre en Ukraine: le matériel militaire que la France a livré à Kiev depuis le début du conflit

Des militaires ukrainiens tirent avec un canon Caesar en direction des positions russes sur une ligne de front dans la région de Donbass, le 15 juin 2022. - ARIS MESSINIS / AFP
Des militaires ukrainiens tirent avec un canon Caesar en direction des positions russes sur une ligne de front dans la région de Donbass, le 15 juin 2022. - ARIS MESSINIS / AFP

Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky que la France allait lui livrer des chars de combat légers AMX-10 RC, de facture française, dans le cadre de l'invasion russe en Ukraine. C'est la première fois que Kiev reçoit des chars de conception occidentale.

La France reste discrète sur le montant de son aide militaire à l'Ukraine. Selon un classement du Kiel Institute for the World economy, un think-tank allemand, elle se placerait en 10e position pour son soutien militaire, derrière les États-Unis, l'Allemagne, la Pologne ou encore le Royaume-Uni. En plus de la volonté de discrétion, sa capacité d'aide est aussi limitée par les faibles stocks d'équipements disponibles.

• Canons Caesar

La France a fourni 18 canons Caesar de 155mm à l'Ukraine. Ces obusiers sont particulièrement appréciés pour leur maniabilité: ils sont directement montés sur un camion. Ils ont une portée de 40km et chaque canon dispose de son propre calculateur balistique ainsi que de son système de navigation.

Ils peuvent tirer six obus par minute. L'ensemble du dispositif permet de réduire à moins de trois minutes le délai entre l'arrivée sur le lieu de tir (moins de 60 secondes pour la mise en batterie) et le départ (moins de 40 secondes pour la sortie de batterie), après avoir délivré cette salve de six coups, permettant ainsi d'éviter les contre-tirs.

En outre, Paris a livré plusieurs milliers d'obus et assure la formation d'artilleurs ukrainiens au maniement des canons Caesar. La France en possède 76 au total, et ceux envoyés en Ukraine sont prélevés sur la dotation de l'Armée de terre. Elle envisage d'en fournir six à douze supplémentaires, prélevés sur une commande destinée au Danemark.

"On est toujours en discussion avec le Danemark, le sujet n'est pas clos", a commenté ce mercredi l'Elysée.

Une quinzaine de canons tractés TRF1 de 155 millimètres, les prédécesseurs des Caesar, ont également été envoyés en Ukraine, mais ils sont moins maniables car pas installés sur un camion. Ils sont uniquement motorisés pour se déplacer à moins de 10km/h afin de changer de position après les tirs.

• Missiles antichar

La France fournit également plusieurs types de missiles à l'armée de Kiev. D'abord, des missiles antichar dont le Milan, une arme très précise et puissante, adaptée à la lutte contre les tanks, les véhicules blindés et les bâtiments. Son successeur, le missile Akeron, est également utilisé en Ukraine.

Livré massivement par les États-Unis, le missile antichar Javelin, devenu un symbole de la résistance ukrainienne, est également envoyé par Paris. Équipé de deux charges explosives, il peut percer les chars les plus sophistiqués: la première charge explose au contact du char, et libère la deuxième charge, plus forte, qui perce le blindage.

D'une portée de 2500 mètres, il est utilisable en mode d'attaque directe pour détruire un mur ou, s'il est tiré vers le haut, pour abattre un appareil volant à faible altitude. Il peut servir pour les attaques en cloche: le missile monte jusqu'à 160 mètres d'altitude et retombe sur la cible à la verticale, comme un "javelot".

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

• Missiles antiériens

La défense anti-aérienne ukrainienne est cruciale dans ce conflit où la Russie multiplie les frappes, notamment sur les villes ou les infrastructures énergétiques du pays. Des missiles anti-aériens à très courte portée Mistral ont ainsi été fournis par la France, pouvant atteindre une cible au sol à une distance de 6000 mètres et une cible aérienne à 3000 mètres d'altitude.

Plus récemment, Emmanuel Macron a annoncé vouloir aider à renforcer les systèmes anti-aériens en Ukraine. Le missile Crotale est particulièrement adapté à la situation actuelle avec les frappes russes et l'utilisation de drones kamikaze comme ceux que l'Iran fournit à Moscou.

Il s'agit d'un équipement de moyenne portée qui effectue des tirs à 9000 mètres d'altitude et 15 kilomètres de portée. Il est destiné à lutter contre les missiles, les aéronefs évoluant à basse altitude et à faible vitesse et les drones.

• Des véhicules de l'avant blindé

Le VAB (Véhicule de l'avant blindé), entré en service en 1976, est actuellement le véhicule de transport de troupes le plus répandu dans l'armée de Terre française. Cette dernière en a cédé une soixantaine à l'Ukraine. Il est le plus couramment armé d'une mitrailleuse, mais il peut aussi être équipé d'un canon-mitrailleur ou système lance-missiles.

Alors que Paris va livrer des chars de combat légers AMX-10 RCn, Volodymyr Zelensky a également annoncé dans un tweet l'envoi de véhicules de transport de troupes Acmat Bastion. Ce sont des véhicules légers fabriqués par la firme française Acmat, qui peuvent transporter jusqu'à dix passagers. Côté armement, ils disposent d’une mitrailleuse ou d'une tourelle.

• Des lance-roquettes

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Depuis le 24 février et le début de l'invasion russe, l'Ukraine a reçu des lance-roquettes unitaires (LRU) français. En novembre dernier, le ministre de la Défense Oleksii Reznikov a publié une photo sur Twitter en remerciant la France pour cette livraison.

Avec une capacité de frappe à plus de 70km, ils permettent de toucher des cibles lointaines, par exemple les chaînes logistiques russes ou leurs bases arrière, ou de frapper le front tout en se trouvant hors de portée des tirs ennemis.

• Une aide diverse

Génie militaire, générateurs électriques... En outre, au-delà de l'aide humanitaire, le soutien de la France est divers et multiple. Elle fournit notamment du renseignement avec différents systèmes d'observation satellite. Ainsi, plusieurs fois par jour, l'état-major ukrainien obtient des images qui peuvent aider les positions ukrainiennes sur le front.

Paris assure aussi fournir du carburant et des munitions ainsi que participer aux missions de formation des militaires ukrainiens et des équipes de maintenance. Il envoie également des équipements individuels comme des casques et des gilets pare-balles.

Lors de son récent déplacement à Kiev, le ministre français des Armées Sébastien Lecornu a évoqué "un fonds innovant de 200 millions d'euros", qui permettra à l'Ukraine d'acheter directement du matériel auprès d'industriels français, en fonction de ses priorités pour faire face à l'armée russe.

Article original publié sur BFMTV.com