Guerre en Ukraine: L'UE en ligne de mire pour Kiev, mais rien n'est fait

Le président ukrainien en visite à Bruxelles en 2020, avant l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe (illustration) (Photo: POOL New via Reuters)
Le président ukrainien en visite à Bruxelles en 2020, avant l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe (illustration) (Photo: POOL New via Reuters)

Le président ukrainien en visite à Bruxelles en 2020, avant l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe (illustration)  (Photo: POOL New via Reuters)

UKRAINE - Une visite européenne tant sur la forme que sur le fond. Après la venue à Kiev, jeudi 16 juin, d’Emmanuel Macron, Mario Draghi, Olaf Scholz de Klaus Iohannis, la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’UE est plus que jamais relancée.

À l’occasion d’une conférence de presse, les quatre dirigeants se sont dits prêts à accorder ”immédiatement” à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne. Le chef du gouvernement italien disant même vouloir que Kiev intègre les 27. Un appel à l’unisson qui n’a rien du hasard puisque c’est ce vendredi 17 juin que la Commission européenne a finalement rendu un avis favorable pour accorder ce statut de candidat à l’Ukraine. Sur Twitter, Volodymyr Zelensky a salué une “décision historique”. “C’est la première étape sur le chemin de l’adhésion”, souligne-t-il.

Ce “chemin sera long”, a toutefois prévenu ce vendredi matin Emmanuel Macron dans une interview à BFMTV. “Normalement, l’Ukraine ne pourrait pas être candidate. On le fait parce que c’est la guerre”, a expliqué le président français ajoutant que Kiev faisait partie de la famille européenne.

Candidat à la candidature 

De fait même, si la Commission européenne a rendu un avis favorable, Kiev va devoir encore passer par de nombreuses étapes avant de devenir le 28e membre à part entière. “L’adhésion à l’Union européenne est soumise à des règles claires qui doivent être respectées par tous”, a d’ailleurs Olaf Scholz jeudi.

La semaine prochaine, il faudra que tous les membres de l’UE acceptent à l’unanimité ce statut de candidat officiel à l’adhésion à l’unanimité, ce qui n’est pas acquis non plus. Les pays baltes et de l’est y sont plutôt favorables en raison de leur proximité avec la Russie notamment, alors que le Danemark et les Pays-Bas sont plus réticents.

Le début des négociations

Si l’Ukraine obtient le statut de candidat à l’adhésion, il faudra ensuite entamer un ensemble de négociations entre Bruxelles et Kiev, qui devra se conformer notamment à un certain nombre de règles et de normes de l’UE. Elles concernent aussi bien le fonctionnement des institutions que l’État de droit.

Ces négociations sont aussi à même de générer des débats dans le reste des 27. Interrogé ce vendredi matin sur BFMTV, Jean-Luc Mélenchon s’est dit favorable à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE mais à condition que cela passe par une harmonisation sur le plan social. “Aujourd’hui, le salaire minimum ukrainien c’est 138 euros, le SMIC de Moldavie c’est 50 euros. Si vous voulez organiser une immense dépression de dumping social, il n’y a qu’à faire ça, c’est-à-dire faire adhérer les gens sans qu’ils soient mis au niveau”, a fait valoir le leader des Insoumis.

Dans le cas de l’Ukraine, souligne auprès de nos confrères de Ouest-France Sylvain Maillard, directeur de l’Institut Jacques Delors, les négociations pourraient par exemple tourner autour de l’agriculture: “Avec l’Ukraine, l’Union européenne deviendrait le premier producteur agricole au monde. La Politique agricole commune sera donc un gros chapitre, notamment pour la mise en place et le contrôle de toutes les aides européennes”.

Le sens du timing

Même si Kiev bénéficie d’une procédure accélérée, ces négociations prennent du temps et une adhésion à l’UE se fait plutôt sur une décennie. C’est ce qui avait été le cas pour plusieurs pays de l’Est qui avaient formulé une demande d’adhésion au mitan des années 1990 et qui ne sont devenus membres à part entière qu’en 2004.

À cela s’ajoute tout simplement le paramètre de la guerre. Si l’Ukraine devient membre de l’UE alors que le conflit avec la Russie n’est pas terminé, les 27 pays devront porter assistance militaire à Kiev et deviendront de fait des cobelligérants du conflit. Or c’est précisément ce que cherchent à éviter les alliés occidentaux depuis fin février. En attendant, l’officialisation de la candidature de l’Ukraine envoie un message fort à Moscou, reste à savoir s’il sera bien entendu.

À voir également sur Le HuffPost: Face à un risque de crise alimentaire mondiale, Zelensky demande la fin du blocus russe des ports ukrainiens

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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