Guerre en Ukraine: Kiev partagée entre les nouveaux bombardements et un timide retour à la normale

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Des soldats ukrainiens se promènent dans le parc Taras Chevtchenko, dans le centre de Kiev, le 15 avril 2022 - FADEL SENNA © 2019 AFP
Des soldats ukrainiens se promènent dans le parc Taras Chevtchenko, dans le centre de Kiev, le 15 avril 2022 - FADEL SENNA © 2019 AFP

Elle s'était à peine éloignée, voici la guerre de retour à Kiev. Vendredi et ce samedi, la capitale ukrainienne a subi de nouvelles frappes russes. Des tirs qui mettent fin à la relative accalmie dont a bénéficié la ville depuis que l'armée russe a décidé de concentrer son effort dans le Donbass, à la fin du mois dernier. Ils s'inscrivent sur fond des représailles annoncés par la Russie après que l'Ukraine a torpillé mercredi soir son vaisseau-amiral en Mer Noire, le Moskva.

Les autorités locales ont en conséquence renouvelé leur avertissement à destination des habitants de Kiev, les enjoignant de ne pas revenir tout de suite. Mais malgré le danger et le couvre-feu, celle-ci reprend vie peu à peu.

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Moscou revendique ses frappes

Ce samedi à l'aube, une frappe russe a ravagé une usine d'armement de la banlieue de Kiev. C'est la municipalité qui en a d'abord fait part, via un communiqué publié par le maire de la ville, Vitali Klitscko sur son compte Telegram.

"Dans la matinée, Kiev a été bombardée. Des explosions ont retenti dans le district de Darnytsky à la périphérie de la ville", détaillait notamment l'élu.

Dans la foulée, Moscou a d'ailleurs revendiqué l'opération, par la voix d'Igor Konachenko, porte-parole du ministère de la Défense: "Des armes air-sol de haute précision et de longue portée ont détruit les bâtiments de production de productions d'une usine d'armements à Kiev et un atelier de réparation de matériel à Mykolaïev."

Des menaces mises à exécution

Cette nouvelle agression a concrétisé la menace agitée la veille par le Kremlin. Marqué par la perte de son croiseur et vaisseau-amiral en Mer Noire, le Moskva, et prétextant des tirs sur son territoire, le pouvoir russe a déclaré vendredi son intention d'"intensifier ses frappes" sur Kiev.

La Russie est d'ailleurs passé à l'acte dès vendredi, en frappant une usine située à Vychneve, également en périphérie de la capitale ukrainienne. La raison ayant présidé à ce ciblage est transparente: l'endroit fabriquait en effet des missiles Neptune, ceux-là mêmes qui ont envoyé le Moskva par le fond.

Le bilan de ces attaques demeure incertain. Samedi après-midi, la mairie de Kiev a toutefois indiqué que le bombardement de l'usine du quartier de Darnystky avait fait au moins "un mort et plusieurs blessés". Ces frappes ont en tout cas poussé les autorités locales à rappeler leurs administrés à la prudence.

"Pour les habitants de Kiev qui ont quitté la ville et qui ont l'intention de revenir dans la capitale, je vous demande de vous abstenir et de rester dans des endroits plus sûrs", a ainsi lancé Vitali Klitschko dans son texte paru sur Telegram.

50.000 habitants reviennent chaque jour

Parviendra-t-il à se faire entendre par les 50.000 habitants qui regagnent chaque jour cette capitale qui comptait, avant la guerre et l'exode, 2,8 millions de civils?

Il faut dire que d'après une liste dressée par les autorités locales, les dommages subis à Kiev sont restés limités jusqu'à présent: on relève 100 bâtiments détruits dans la ville entre le 24 février et le 22 mars, date du retrait russe de la région. Et l'apparente mise en sourdine du conflit sur place a entraîné une forme de relâchement, l'Agence France-Presse (AFP) notant ainsi les points de contrôle désertés par l'armée, les croisillons antitanks remisés sur les bords des routes.

Couvre-feu et terrasses

Le quotidien de la population s'assouplit lui aussi peu à peu. Certes, le couvre-feu est toujours en vigueur de 21 à 6 heures. Les écoles, les universités, la plupart des restaurants et infrastructures sportives culturelles ou de loisir sont toujours fermés, mais il est à nouveau possible de commander un repas, d'aller chez le coiffeur, au centre commercial, de prendre le métro, de louer un vélo ou une trottinette.

Et les clients affluent de nouveau en terrasses. L'AFP a ainsi recueilli le propos d'une jeune fille attablée près de son verre. "Il y a tellement de vie ici, de libertés retrouvées", a d'abord salué Alona Bogatchova, avant de conclure: "C'est une situation inédite, qui n'a pas de nom, que nous n'avons pas encore connu."

Article original publié sur BFMTV.com

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