Guerre en Ukraine: Kharkiv, l'autre ville martyre de l'invasion russe

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Civils dans les rues de Kharkiv le 16 avril.  - Serguey Bobok
Civils dans les rues de Kharkiv le 16 avril. - Serguey Bobok

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Dix-huit morts en quatre jours et une centaine de blessés. Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, est dans le collimateur de Moscou depuis que les autorités russes ont annoncé retirer ses troupes de la région de Kiev pour se concentrer sur l'est de l'Ukraine le 25 mars.

S'il est souvent évoqué le cas de Marioupol, ville portuaire du sud-est de l'Ukraine, à 300 km plus au nord, Kharkiv connaît également chaque jour des bombardements meurtriers.

Une ville régulièrement bombardée

Les derniers en date, dimanche, ont fait au moins cinq morts et 20 blessés, selon les secours. Des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP) ont entendu deux salves de tirs et vu cinq incendies se propager dans des quartiers résidentiels du centre de la ville.

Une semaine seulement après le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février, la ville était déjà ciblée par l'armée russe qui en a fait une cité martyr. Sur les près d'un million et demi d'habitants avant la guerre, environ 500.000 auraient quitté l'ancienne capitale de la République socialiste soviétique d'Ukraine, dont tous les bâtiments administratifs ont été détruits.

Nos journalistes sur place, ont recueilli les témoignages d'habitants résignés. Parmi eux, celui de Radion, un volontaire ukrainien. "Je suis en vie c'est tout ce qui compte. A Kharkiv c'est tous les jours comme ça."

A l'instar de Marioupol, les forces de Vladimir Poutine sont également massées aux portes de Kharkiv. Les militaires ukrainiens se préparent, inlassablement, à un assaut toujours présenté comme "imminent".

Une portée symbolique et un emplacement stratégique

Pourquoi les Russes ciblent-ils cette ville? Comme le rappelait Patrick Sauce, notre éditorialiste politique internationale, la portée est tout d'abord symbolique. En attaquant la deuxième ville du pays, les Russes envoient un signal de force aux Ukrainiens. Signal d'autant plus important depuis la chute du navire amiral Moskva, analysée comme un revers matériel sans précédent pour les hommes de Poutine.

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Aussi, son emplacement est "idéal" pour les troupes russes car il s'agit d'une grande ville, située à l'est de l'Ukraine à quelques dizaines de kilomètres seulement de la Russie. Depuis 2014, elle abrite des centaines de milliers de personnes déplacées à la suite des combats entre séparatistes prorusses et autorités de Kiev dans la région du Donbass.

S'ils parviennent à s'emparer de la ville, les Russes pourraient ainsi faire un pont avec la ville de Kherson, dans le Sud-Est du pays. La Russie contrôlerait alors une grande partie de l'Est de l'Ukraine, et pourrait contrôler les entrées, notamment pour empêcher l'arrivée d'éventuels renforts ukrainiens ou intercepter des convois humanitaires.

Voilà qui pourrait donner à Poutine un avantage de choix, et de la matière pour célébrer un "succès" lors le défilé militaire du 9-Mai marquant sur la Place Rouge la victoire soviétique sur les nazis en 1945.

Article original publié sur BFMTV.com

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