La guerre en Ukraine fragilise-t-elle la zone d’influence russe ?

© Christophe Gateau/AP/SIPA

En diplomatie, l’ami de mon ennemi n’est pas nécessairement mon ennemi. Pour preuve, ce voyage que doit effectuer ce week-end Nancy Pelosi en ­Arménie, qui entretient pourtant des relations privilégiées avec Moscou. La présidente de la Chambre des représentants des États-Unis y a apporté son soutien au président Nikol Pachinian alors que des combats avec l’Azerbaïdjan en début de semaine dans la région du Haut-Karabakh ont causé la mort d’au moins 135 soldats arméniens et 71 azerbaïdjanais, soit le bilan le plus lourd depuis la guerre en 2020 entre ces deux pays du Caucase. Depuis jeudi, un fragile cessez-le-feu est en vigueur.

Si la visite de la démocrate peut relever de l’opportunisme électoral – le vote arménien aura son importance dans les élections américaines de mi-mandat le 8 novembre –, elle est aussi une pierre posée dans le jardin du Kremlin. Le moment choisi – la débâcle militaire russe dans la région ukrainienne de Kharkiv – ne doit sans doute rien au hasard.

Déshabillage militaire

En théorie, dans ce Caucase autrefois intégré à l’URSS et que Moscou considère toujours comme son aire d’influence, la Russie joue les gendarmes, notamment via l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). C’est elle qui avait négocié la trêve entre les deux belligérants en 2020 puis déployé une force de maintien de la paix de 2 000 hommes. Or, mardi, elle n’a rien pu faire pour empêcher l’offensive de Bakou, soutenu par son allié turc et encouragé par la prudence d’une UE dev...


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