Guerre en Ukraine: face à l'intensification de l'offensive, le Donbass est-il déjà perdu?

De la fumée au-dessus de la ville de Severodonetsk, dans la région du Donbass, le 6 avril 2022 dans l'est de l'Ukraine (illustration) - FADEL SENNA © 2019 AFP
De la fumée au-dessus de la ville de Severodonetsk, dans la région du Donbass, le 6 avril 2022 dans l'est de l'Ukraine (illustration) - FADEL SENNA © 2019 AFP

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"Les combats ont atteint leur intensité maximale et une étape longue et extrêmement difficile nous attend". Quatre mois après le début de l'offensive russe en Ukraine, la vice-ministre ukrainienne de la Défense Ganna Malyar a dénoncé ce jeudi lors d'un point presse "l'intensité" des combats en cours entre les deux armées à l'Est du territoire.

Le président Volodymyr Zelensky a de son côté reconnu mercredi soir la "nette supériorité" de la Russie "en équipement, en nombre de soldats", mais assuré que les forces ukrainiennes "résistent à (cette) offensive extrêmement violente".

Et pour cause, toutes les forces russes sont concentrées dans la région du Donbass depuis leur retrait début avril des régions de Kiev et de Tcherniguiv, dans le nord du pays. Le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a même comparé les affrontements au Donbass aux "batailles de la Deuxième Guerre mondiale", décrivant des villes "réduites en ruines par les tirs d'artillerie russe, par des systèmes russes de lancement de multiples roquettes".

Un tournant à venir à Severodonetsk?

Depuis plusieurs semaines, les forces russes se rapprochent notamment de Severodonetsk, et sont désormais assez proches pour pouvoir tirer au mortier sur cette ville qui "est tout simplement en train d'être détruite", a dénoncé le gouverneur de la région Serguiï Gaïdaï.

Si la possible prise de cette ville peut être vue comme "un tournant" par certains spécialistes, le général Jérôme Pellistrandi appelle aussi à "relativiser".

"Autour du Donbass c'est un tournant, et un moment difficile, mais il faut relativiser, quand on regarde par rapport aux plans initiaux de Moscou, la conquête de Severodonetsk c'est uniquement une petite portion du territoire du Louansk" rappelle le consultant défense de BFMTV, avant d'ajouter: "Perdre cette ville serait un coup dur pour le moral des Ukrainiens mais on ne pourrait pas dire qu'ils ont perdu la guerre." 876450610001_6306838837112

Une "victoire tactique" et non "un point de rupture"

L'analyste géopolitique Ulrich Bounat reconnaît lui "une percée" des Russes dans la région de Louansk mais estime aussi que la prise de Severodonetsk serait une "victoire tactique" et non "un point de rupture" pour l'avenir du Donbass.

"Une percée a été effectuée, il y a une volonté russe de prendre la ville et de conquérir l'oblast de Louansk, mais même si la ville était conquise ce serait une victoire tactique, et ça ne supposerait pas une chute rapide du Donbass qui a encore énormément de places fortes ukrainiennes comme Bakhmout ou Kramatorsk" a-t-il expliqué sur notre antenne.

Les spécialistes craignent avant tout des pertes humaines et matérielles importantes pour l'Ukraine. "Il est possible qu'on voit à Severodonetsk la même stratégie qu'on a vue à Marioupol, avec un tapis de bombes pour raser la ville", a déclaré Ulrich Bounat. Pour le général Jérôme Pellistrandi, "il faut que le commandement ukrainien trouve le moyen de ne pas trop perdre ni de moyens ni de soldats".

Article original publié sur BFMTV.com

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