Guerre en Ukraine: duel à distance entre Biden et Poutine, un an après le début de l'invasion russe

Le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le président des Etats-Unis Joe Biden, le 21 février 2023 (Montage photos AFP). - Wojtek Radwanski - Dmitry ASTAKHOV / SPUTNIK
Le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine et le président des Etats-Unis Joe Biden, le 21 février 2023 (Montage photos AFP). - Wojtek Radwanski - Dmitry ASTAKHOV / SPUTNIK

L'Ouest répond à l'Est. À l'approche de la date anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les dirigeants multiplient les allocutions pour condamner ou pour saluer - selon le camp - l'opération militaire que mène Moscou depuis le 24 février 2022.

Très attendu par la communauté internationale, le discours tenu par Vladimir Poutine devant les parlementaires russes n'a pas surpris grand monde. Le président de la Fédération de Russie a jugé "impossible" de battre son armée qui doit "soigneusement" continuer son offensive en Ukraine. Quelques heures plus tard, le président des États-Unis Joe Biden a assuré depuis Varsovie que l'Ukraine "ne sera jamais une victoire de la Russie", non sans évoquer le maître du Kremlin. Un "vrai face-à-face" selon Ulysse Gosset, éditorialiste politique internationale de BFMTV

Pour Poutine, les pays occidentaux "ne sont arrivés à rien"

Vladimir Poutine, s'il a évidemment évoqué la situation militaire en Ukraine, s'est davantage penché vers les réactions des pays occidentaux et leurs sanctions prises à l'égard de Moscou depuis bientôt un an.

"Les élites de l'Occident ne cachent pas leur objectif: infliger une défaite stratégique à la Russie, c'est-à-dire en finir avec nous une bonne fois pour toutes", a-t-il martelé.

Le président russe a également estimé que les Occidentaux "ne sont arrivés à rien et n'arriveront à rien", alors que "nous avons assuré la stabilité de la situation économique, protégé les citoyens". En guise de conclusion, Vladimir Poutine a annoncé que son pays suspendait sa participation à l'accord New Start sur le désarmement nucléaire, et a menacé de réaliser de nouveaux tests nucléaires si les États-Unis en font d'abord.

"Il ne lâche pas une once de sa stratégie de destruction de l'Ukraine, qu'il a renouvelée en expliquant qu'il s'agissait d'une guerre 'existentielle' contre l'Occident", a décrypté Ulysse Gosset. Un "manichéisme que Poutine veut" selon Jean-François Colosimo. L'historien spécialiste du monde de l'orthodoxie estime que le président russe "a choisi de se diaboliser" avec ce conflit.

Washington a réagi à cette allocution avant même celle de son président. Un haut responsable américain a en effet dénoncé "l'absurdité" des accusations du président russe, qui a affirmé que la menace occidentale contre la Russie justifiait l'invasion de l'Ukraine. Réponse dans la foulée de la diplomatie russe qui a exigé de son côté que les États-Unis retirent d'Ukraine "soldats et équipements" de l'Otan.

Joe Biden assure que le "dictateur" Poutine "perdra"

Dans cette guerre de communication, le président américain Joe Biden a assuré que l'Ukraine déchirée par la guerre ne sera "jamais une victoire pour la Russie", lors d'un discours à Varsovie, en présence du président polonais Andrzej Duda et la veille d"une réunion avec d'autres pays membres de l'Otan.

"Un dictateur déterminé à reconstruire un empire ne pourra jamais entamer l'amour d'un peuple pour la liberté, la brutalité n'écrasera jamais la volonté de ceux qui veulent rester libres", a notamment déclaré Joe Biden.

Joe Biden a aussi assuré que le président russe "perdra" face aux Ukrainiens et que la capitale ukrainienne, Kiev - où il se trouvait lundi accompagné de Volodymyr Zelensky - était toujours debout.

"Il y a un an, on craignait la chute de Kiev, et Kiev a tenu. Kiev s'est montrée grande et libre", a déclaré le président américain Joe Biden, dénonçant l'"agression meurtrière" de la Russie en Ukraine".

"Il dit très clairement que cette guerre est le choix de Poutine et que c'est la guerre des démocraties qui sont fortes contre les autocrates", analyse Ulysse Gosset. Une véritable opposition de style, donc, à seulement quelques jours du premier anniversaire de l'invasion russe.

Article original publié sur BFMTV.com