Guerre en Ukraine: création d'une liste rouge des biens culturels en péril

Les employés du musée Hryhorii Skovoroda Literary Memorial, transportant une statue, à Skovorodynivka le 7 mai 2022 (Photo d'illustration) - SERGEY BOBOK
Les employés du musée Hryhorii Skovoroda Literary Memorial, transportant une statue, à Skovorodynivka le 7 mai 2022 (Photo d'illustration) - SERGEY BOBOK

Manuscrits anciens, icônes centenaires ou artisanat... Le Conseil international des musées (ICOM) a publié jeudi une "Liste rouge d’urgence des biens culturels en péril" en Ukraine, pour lutter contre le trafic illicite, "amplifié par l’invasion russe".

Avec cette liste, l'ICOM espère servir de référence efficace pour "l’identification des objets culturels pillés et volés en Ukraine lorsqu’ils commenceront à circuler dans les semaines, les mois et les années à venir", explique-t-il dans un communiqué.

"Pillage massif" dans un musée de Kherson

Son initiative "arrive à point nommé dans la lutte contre le trafic illicite du patrimoine culturel ukrainien – un phénomène qui existe depuis longtemps dans la région et qui a été amplifié par l’invasion russe", souligne ce réseau international de professionnels des musées, qui couvre près de 140 pays.

"En effet, des rapports récents sur le pillage massif du Musée d’art Oleksiy Shovkunenko de Kherson par des troupes russes qui se retiraient de la ville le 11 novembre dernier, démontrent que cette menace est présente et systématiquement exécutée", poursuit l'ICOM.

Sur sa liste figurent notamment des manuscrits datant du 13e au 19 siècles, des icônes religieuses anciennes mais aussi des dessins et peintures modernes, issus des mouvements naïf, d'avant-garde et du réalisme socialiste, ainsi que des objets d'artisanat, costumes et bijoux.

De nombreux sites culturels endommagés

Pour lutter contre le trafic illicite du patrimoine culturel, l'ICOM, fondé en 1946, collabore avec des organismes internationaux comme Interpol et l’Organisation mondiale des douanes (OMD).

En Ukraine, les Nations unies utilisent l'imagerie satellite pour surveiller les destructions de biens culturels et du patrimoine infligées par l'offensive russe.  L'UNESCO, l'agence de l'ONU chargée de la Culture, avait enregistré, fin octobre, 207 sites culturels endommagés depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

Il s'agit de 88 sites religieux, 15 musées, 76 bâtiments d'intérêt historique et/ou artistique, 18 monuments et dix bibliothèques.

Article original publié sur BFMTV.com