Guerre en Ukraine : « coupure totale de courant » à la centrale de Zaporijjia

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Zaporijjia, diffusée le 29 août 2022.
MAXAR TECHNOLOGIES / via REUTERS Vue aérienne de la centrale nucléaire de Zaporijjia, diffusée le 29 août 2022.

MAXAR TECHNOLOGIES / via REUTERS

Vue aérienne de la centrale nucléaire de Zaporijjia, diffusée le 29 août 2022.

GUERRE EN UKRAINE - Nouvelle source d’inquiétude à la centrale de Zaporijjia. Ce vendredi 9 septembre, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait état d’une « coupure totale de courant » dans la ville ukrainienne d’Energodar, près de la centrale nucléaire, une situation qui « compromet la sécurité des opérations ».

« C’est totalement inacceptable. Cela ne peut pas continuer », a déclaré dans un communiqué le directeur général, Rafael Grossi, appelant à « cesser immédiatement les bombardements dans la zone ». Depuis des semaines, la confusion règne autour de la plus grande centrale d’Europe, occupée par les Russes, qui a été touchée par de multiples frappes dont Kiev et Moscou s’accusent mutuellement.

« L’infrastructure électrique alimentant la ville a été détruite par des frappes au niveau de la centrale thermique, provoquant une coupure totale d’eau et d’électricité », a détaillé le patron de l’AIEA, informé de la situation sur place par les deux experts de l’instance onusienne présents sur place. « Étant donné l’intensification des bombardements qui sont incessants, il est peu probable qu’il soit possible de rétablir une alimentation hors site fiable pour la centrale », a ajouté Rafael Grossi.

Dans ces conditions, l’opérateur ukrainien Energoatom « envisage de fermer le seul réacteur en fonctionnement », qui produit pour l’heure l’électricité nécessaire pour le refroidissement du combustible nucléaire et la sécurité du site. Le cas échéant, l’ensemble des systèmes de la centrale devront s’appuyer sur des générateurs de secours fonctionnant avec du diesel, avertit l’agence basée à Vienne.

En outre, du fait de ces circonstances « dramatiques auxquelles sont confrontés les habitants d’Energodar », le personnel nécessaire pour maintenir la sécurité du site risque de ne plus être disponible.

Kiev accuse Moscou d’exactions contre le personnel ukrainien

Peu de temps après ces nouvelles de l’AIEA, Petro Kotine, patron de l’opérateur ukrainien de la centrale nucléaire de Zaporijjia, a dénoncé auprès de l’AFP des exactions perpétrées par les forces russes sur le personnel, évoquant des actes de tortures, des meurtres et des enlèvements.

« Avec l’occupation, un régime de harcèlement policier du personnel a été progressivement mis en place. La situation est aujourd’hui très difficile avec des tortures, des passages à tabac, des enlèvements », a déclaré Petro Kotine. Selon lui, deux personnes ont notamment été « battues à mort » par les forces russes, qui contrôlent cette centrale nucléaire, la plus grande d’Europe, depuis le mois de mars.

« Un plongeur a été capturé, puis il s’est retrouvé à l’hôpital inconscient. Il est mort trois heures plus tard », tandis qu’un bombardement a tué un autre employé et un conducteur, poursuit-il. « Les Russes recherchent les pro ukrainiens sur place et les persécutent. Les gens sont psychologiquement brisés », explique-t-il encore.

« Nous ne savons pas où se trouvent une dizaine de personnes, elles ont été emmenées et depuis, nous n’avons aucune information sur leur localisation », poursuivit-il.

L’AIEA, qui dispose de deux observateurs sur place, avait proposé mardi de créer une « zone de sécurité » sur le site. Kiev souhaite pour sa part une mission internationale de maintien de la paix sur le site. Selon Petro Kotine, l’Ukraine souhaite plutôt une démilitarisation totale du site, et non une formule introduisant une forme de contrôle conjoint du site avec Moscou, qui serait « inacceptable ».

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