Guerre en Ukraine: «Cela commence à faire beaucoup de revers du côté russe»

REUTERS - STRINGER

Les autorités ukrainiennes se montrent circonspectes après l'annonce par la Russie du retrait de ses forces de Kherson, prise par Moscou au début de son offensive. Cédric Mas est historien militaire et président de l'Institut Action Résilience.

RFI : L'Ukraine se méfie après l'annonce du retrait des troupes russes de Kherson. Diriez-vous, comme le déclarait mercredi soir Volodymyr Zelensly, que l'armée russe est peut-être en train de mijoter quelque chose ?

Cédric Mas : C’est toujours une possibilité, surtout si on se souvient qu’il y avait eu à Kherson une manœuvre d’intoxication, du côté ukrainien cette fois, puisqu’ils avaient annoncé par une sorte de décret présidentiel leur contre-offensive de reprise et de libération de la ville de Kherson début juillet. Les Russes avaient fait affluer des renforts et ensuite, les Ukrainiens avaient fait sauter des ponts. Ils avaient donc piégé eux-mêmes les Russes. Donc ils craignent que les Russes leur rendent la pareille. Kherson, c’est la seule grande ville, c’est la seule capitale administrative régionale de toutes les zones annexées que les Russes ont pu prendre depuis l’invasion du 24 février. Donc, c’est un point très important qui focalise l'attention depuis le début du conflit.

Et est-ce qu’en l’état, l’armée russe serait capable de préparer ce type de manœuvre face aux troupes ukrainiennes ?

Si ce retrait venait à être confirmé par Kiev dans les prochains jours, est-ce que l'on serait sur un tournant dans le conflit, un vrai revers pour le Kremlin ?


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