Guerre en Ukraine : au moins 40 morts à Dnipro, la Russie nie être à l’origine de la frappe

Local residents look at rescuers working on a residential building destroyed after a missile strike, in Dnipro on January 16, 2023, amid the Russian invasion of Ukraine. - According to State Emergency Service report, as of 1:00 pm on December 16, 40 people died, including 6 children; 75 people got injured, including 14 children; 39 people were rescued, including 6 children; the fate of 34 people is still unknown. (Photo by vitalii matokha / AFP)
VITALII MATOKHA / AFP Local residents look at rescuers working on a residential building destroyed after a missile strike, in Dnipro on January 16, 2023, amid the Russian invasion of Ukraine. - According to State Emergency Service report, as of 1:00 pm on December 16, 40 people died, including 6 children; 75 people got injured, including 14 children; 39 people were rescued, including 6 children; the fate of 34 people is still unknown. (Photo by vitalii matokha / AFP)

GUERRE EN UKRAINE - « Les forces armées russes ne bombardent pas les immeubles résidentiels, ni les infrastructures civiles, elles bombardent des cibles militaires. » Ce lundi 16 janvier, la Russie a démenti être à l’origine du bombardement à Dnipro qui a fait au moins 36 morts.

Comme à son habitude, le Kremlin a rejeté la faute sur la partie ukrainienne et nié sa responsabilité, en dépit des multiples bombardements qui ont touché une multitude de cibles non militaires depuis le début de l’invasion le 24 février. Le porte-parole Dmitri Peskov, a évoqué « une tragédie » pouvant être due à un tir de la défense antiaérienne ukrainienne.

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Le bilan de ce carnage s’alourdit progressivement. 48 heures après l’attaque, 36 morts dont deux enfants avaient été retrouvés, et que 75 personnes, dont 15 enfants, ont été blessés. Le nombre de victimes pourrait encore s’aggraver dans les heures qui viennent, au moins 35 personnes sont encore disparues.

Les opérations de sauvetage se poursuivent pour tenter de retrouver des survivants sous les décombres fumants. Une brigade cynophile a notamment été déployée. Depuis le début des opérations de sauvetage, « 39 personnes ont été sauvées » des ruines, d’après le gouverneur.

« Crime de guerre »

Dimanche après-midi, Roman Jouravksy recherchait toujours désespérément sa mère qui habitait là. « Ma mère n’a pas encore été retrouvée. Mais la probabilité, étant donné que cinq étages se sont effondrés sur elle... », commence-t-il avant que sa voix ne s’éteigne.

Après la frappe de Dnipro, les États-Unis ont dénoncé « un nouvel exemple de la guerre brutale et barbare menée par la Russie contre le peuple ukrainien ». Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson, dont le pays est à la tête de l’Union européenne depuis début janvier, a condamné une « attaque horrible », soulignant la présence d’enfants parmi les victimes.

« Les attaques intentionnelles contre des civils sont des crimes de guerre et ceux qui en sont responsables doivent être poursuivis aussi longtemps qu’il le faudra », a-t-il ajouté, à la suite d’une frappe survenue samedi et pour laquelle le Kremlin a démenti toute responsabilité.

La Suède et l’Union européenne « condamnent dans les termes les plus forts les attaques systématiques et continues de la Russie contre les civils, les propriétés civiles et les infrastructures essentielles en Ukraine (...) y compris la frappe d’un missile contre un immeuble samedi à Dnipro » a affirmé le chef du gouvernement suédois.

Campagne de bombardements massifs

La frappe qui a détruit l’immeuble d’habitations de Dnipro a été menée dans le sillage d’une campagne de bombardements réguliers et massifs que Moscou mène depuis octobre contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, qui ont plongé la population dans le noir et le froid en plein hiver.

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Face à ces pluies de missiles et la menace d’une nouvelle offensive russe, les Occidentaux ont intensifié leur aide militaire à l’Ukraine. Ceux-ci prévoient désormais d’y envoyer blindés et chars après avoir longtemps rechigné à y déployer des armements lourds.

Face aux promesses de livraisons d’armements, notamment des promesses de chars venus du Royaume-Uni et de Pologne, le Kremlin a juré que ces blindés « brûleront ». « Ces chars brûlent et brûleront », a dit Dmitri Peskov, dans son briefing téléphonique quotidien à la presse, accusant une fois encore les Occidentaux d’utiliser l’Ukraine « pour atteindre des objectifs anti-russes ».

Motivées et fortes d’une aide militaire et financière croissante, les forces ukrainiennes ont repoussé l’armée russe en lui infligeant au printemps et à l’automne des revers cinglants. Kiev dit cependant avoir besoin de chars lourds, de blindés légers, de systèmes de missiles longue portée et de défenses antiaériennes pour reprendre la totalité des territoires que Moscou occupe dans l’est et le sud de l’Ukraine.

Samedi, Londres a annoncé la livraison à Kiev de blindés Challenger 2, ce qui constituerait la première livraison de chars lourds de fabrication occidentale à l’Ukraine.

Incertitudes sur la situation à Soledar

Après ses sévères déconvenues à l’automne, la Russie tente de reprendre l’initiative avec ses bombardements sur l’infrastructure énergétique et en redoublant d’efforts dans la bataille pour prendre Bakhmout, ville de l’est, en proie à une sanglante bataille depuis l’été.

Moscou a revendiqué la semaine dernière une victoire, affirmant avoir pris Soledar, cité située juste au nord de Bakhmout. Aujourd’hui largement détruite, cette agglomération à l’économie minière comptait quelque 10 000 habitants avant la guerre. L’Ukraine a démenti avoir abandonné la ville, faisant état de combats en cours.

L’armée ukrainienne, dans un communiqué, a affirmé infliger de « lourdes pertes humaines » aux forces russes près de Bakhmout et Avdiivka, autre ville de l’est ukrainien.

Ailleurs dans le pays, la présidence ukrainienne a comptabilisé encore trois civils tués dans des frappes russes dans la région de Kherson, en partie reconquise par Kiev en novembre.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, est attendu lundi en Ukraine. Dans un tweet avant son départ, il a souligné que son organisation allait étendre sa présence dans ce pays « pour aider à prévenir un accident nucléaire pendant le conflit en cours ».

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