Guerre en Ukraine: à Odessa, retour sur les lieux du drame du 23 avril

L'armée russe a repris ses frappes sur Odessa, la grande ville portuaire du sud de l'Ukraine, sur la mer Noire. Lundi, un tir a endommagé un immeuble dans lequel se trouvaient cinq personnes. Un garçon de 15 ans est mort, un autre enfant mineur a été transporté à l'hôpital. Les Ukrainiens craignent que la ville ne soit un des prochains objectifs de la Russie. Ces derniers jours, les attaques se sont intensifiées. Le 23 avril, des frappes ayant notamment touché un immeuble d'habitation avaient fait au moins huit morts. Retour sur les lieux de ce drame.

Avec nos envoyés spéciaux Odessa, Anastasia Becchio et Boris Vichith

Des ouvriers jettent des gravats et de la ferraille des cinq premiers étages de l'immeuble éventré. Au pied du bâtiment, sous un chapiteau, Konstantin Anissimov fait le point avec des entrepreneurs, qui offrent la prise en charge des frais de travaux de reconstruction. Cet architecte, professeur de l'Académie du bâtiment, qui a mobilisé plusieurs dizaines de ses élèves sur ce chantier, ne s'explique toujours pas comment l'immeuble ne s'est pas effondré.

Cette partie centrale aurait dû céder au moment de l'impact, mais elle a tenu. C'est sans doute Dieu qui avait ses mains au-dessus de nous. Il y a des choses que l'on ne peut pas expliquer de façon rationnelle. Tout cela, c'est de la philosophie, mais par chance aussi, le missile n'a pas explosé ici, il a poursuivi sa trajectoire. Si les 400 kg d'explosifs avaient explosé ici, tout le quartier aurait été rasé.

L'explosion a emporté la vie de huit personnes, dont un nourrisson. Marina Kravtchenko, propriétaire d'un studio de gymnastique aérienne, était en train de répéter, au moment de l'attaque.

Nous sommes restés en vie par un heureux concours de circonstances. Si c'était tombé un tout petit peu plus bas, notre studio n'existerait plus et nous non plus, d'ailleurs. Quand nous sommes sortis, il y avait beaucoup de fumée, tout était noir et on ne pouvait pas voir les dégâts. C'est seulement plus tard que j'ai vu des vidéos. Et là, j'ai été encore plus effrayée.

Si, auparavant, Marina ignorait les sirènes, désormais, elle court immédiatement se cacher en sous-sol à la moindre alerte.

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