Guerre en Ukraine: à l'ONU, Macron dénonce un "retour à l'âge des impérialismes et des colonies"

Le président de la République a de nouveau répété qu'un processus de négociation ne serait possible que si "l’Ukraine le veut et la Russie l’accepte de bonne foi."

Lors de son intervention à la tribune des Nations unies ce mardi, Emmanuel Macron a accusé la Russie d'avoir provoqué un "retour des impérialismes" en Europe en ayant envahi l'Ukraine fin février.

"Ce à quoi nous assistons depuis le 24 février dernier est un retour à l'âge des impérialismes et des colonies. La France le refuse et recherchera obstinément la paix", a martelé le président français, appelant Moscou à "arrêter l'annexion de l'Ukraine."

Selon le président de la République, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a ouvert la porte à "d'autres guerres d'annexion, en Europe, mais peut-être demain en Afrique, en Asie ou en Amérique latine. Nous avons à faire un choix simple, celui de la guerre ou de la paix."

Appel à se positionner

Au cours de cette prise de parole, le chef d'État en a également appelé aux pays "qui sont restés dans une forme de neutralité à l'égard de cette guerre" à prendre position, estimant que ceux-ci "se trompent et prennent une responsabilité historique."

"Ceux qui se taisent aujourd’hui servent malgré eux ou secrètement avec une certaine complicité la cause d’un nouvel impérialisme, d’un cynisme contemporain qui désagrège l’ordre international sans lequel la paix n’est possible", a-t-il lancé.

Pour lui, ce positionnement n'est pas de choisir "entre l'Est et l'Ouest ou entre le Nord et le Sud, mais un choix de responsabilité de tous ceux qui sont attachés à la paix", pointant du doigt un risque de "division du monde" qui aurait "des conséquences directes et indirectes."

Dialogue avec Poutine assumé

En revanche, Emmanuel Macron a également assumé "le dialogue conduit avec la Russie" commencé avant le début de l'invasion, et qui devrait se poursuivre dans les jours à venir par un nouvel entretien avec le président russe, Vladimir Poutine. "Je continuerai de l'assumer", martèle-t-il.

En revanche, ce dernier s'est montré très clair, une possibilité de négociation de paix entre les deux pays ne se fera seulement aux conditions de l'Ukraine:

"Nous savons tous que seul un accord respectant le droit international permettra de rétablir la paix. Une négociation ne sera possible que si souverainement l’Ukraine le veut et la Russie l’accepte de bonne foi. Une négociation n’aboutira que si la souveraineté de l’Ukraine est respectée."

Revenant sur les referendums de rattachement à la Russie organisés dans quatre régions contrôlées par Moscou en Ukraine, Emmanuel Macron a de nouveau dénoncé "un simulacre" et une parodie", assurant qu'aucune annexion par Moscou ne serait acceptée.

En guise de conclusion, il a appelé les membres de l'ONU à "refuser de faire bégayer l'histoire" et "à tout faire pour que cette division n'arrive pas."

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Emmanuel Macron sur le nucléaire: "La souveraineté des Ukrainiens sur leurs centrales ne saurait être discutée"