Guerre en Ukaine : Un « faux » Macron russe piège le président polonais au téléphone

Après la chute d’un missile de la guerre en Ukraine sur le territoire polonais, le président Andrzej Duda a reçu l’appel d’un faux Emmanuel Macron. Le coup d’humoristes russes qui sont parvenus à le piéger (photo d’archive prise en février 2022 à Berlin).
HANNIBAL HANSCHKE / POOL / AFP Après la chute d’un missile de la guerre en Ukraine sur le territoire polonais, le président Andrzej Duda a reçu l’appel d’un faux Emmanuel Macron. Le coup d’humoristes russes qui sont parvenus à le piéger (photo d’archive prise en février 2022 à Berlin).

INSOLITE - C’était au cœur d’un début de crise diplomatique majeure. Le 16 novembre dernier, alors qu’un missile lié à la guerre en Ukraine venait de faire deux morts en s’abattant sur le village polonais de Przewodow, le chef de l’État local a reçu de nombreux appels de ses homologues internationaux. Et parmi eux, Emmanuel Macron. Enfin peut-être…

Ce mardi 22 novembre au matin, deux humoristes russes, Vovan et Lexus, ont mis en ligne sur YouTube une vidéo d’un peu plus de sept minutes, un enregistrement d’une conversation téléphonique dans lequel on entend le président polonais Andrzej Duda se faire piéger par un imitateur du chef de l’État français.

« Crois-moi, je n’accuse pas la Russie ! »

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, après qu’Andrzej Duda a déroulé tout le fil des événements face à un « Emmanuel Macron » se contentant de « hmmm » d’écoute, son interlocuteur évoque immédiatement la question de l’origine du missile, et notamment de savoir s’il est russe. Le tout dans un anglais pour le moins éloigné de celui du locataire du palais de l’Élysée en dépit d’une tentative d’accent français.

« Emmanuel, crois-moi, je suis extrêmement prudent et je n’accuse pas la Russie », répond notamment le président polonais, toujours convaincu d’avoir à faire à Emmanuel Macron. « C’est la guerre et je sais bien que les deux parties vont s’accuser mutuellement (...) Est-ce que tu penses que je veux la guerre avec la Russie ? Non, je ne veux pas de cela », poursuit-il avec une pointe d’agacement, assurant qu’il ne va aucunement demander de réponse armée à l’Otan comme l’article 5 du Traité atlantique aurait pu le lui autoriser.

Quelques secondes plus tard, Andrzej Duda, qui ne semble toujours pas remettre en question l’identité de son interlocuteur va même jusqu’à expliquer que son gouvernement a communiqué sur « un missile russe » pour dire que le missile tombé à Przewodow « avait été fabriqué en Russie », mais pas nécessairement qu’il avait été tiré par Moscou.

La présidence polonaise fait profil bas

Et après plus de sept minutes d’échange, alors que le faux Emmanuel Macron explique qu’il « commence à en avoir marre des deux (l’Ukraine et la Russie), et surtout de Volodymyr (Zelensky) », Andrzej Duda finit par raccrocher, passablement énervé, après un dernier « Merci ». Cela non sans avoir évoqué les expertises sur le tir de missile, l’aide pouvait être apportée par les Américains dans ce dossier ou encore la communication ukrainienne.

Une séquence à laquelle la présidence polonaise a réagi avec deux tweets. On apprend ainsi qu’au moment de « l’explosion d’un missile à Przewodow, durant la série d’appels téléphoniques avec les chefs d’État et de gouvernement, une personne assurant être le président français Emmanuel Macron a été mise en relation » avec Andrzej Duda.

Mais rapidement, assurent encore les services de la présidence polonaise, Andrzej Duda se serait « rendu compte à la manière inhabituelle dont son interlocuteur menait la discussion » qu’il pouvait s’agir d’une « supercherie » et aurait mis fin à l’échange. « Nos services ont alors pris le relais en coopération avec les agents concernés », se termine ce bref communiqué, alors que les autorités polonaises vont tenter de faire le jour sur l’affaire.

Comme le rapporte l’agence de presse Reuters, en 2020 déjà, Vovan et Lexus étaient parvenus à entrer en contact avec Andrzej Duda. À l’époque, ils s’étaient fait passer pour Antonio Guterres, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Et au cours de leur carrière, ils ont également piégé Elton John, l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson ou encore… Emmanuel Macron.

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