"Nous sommes en guerre": pourquoi Emmanuel Macron change de ton après avoir dit le contraire

Emmanuel Macron le 5 septembre 2022 à l'Elysée  - Ludovic Marin/AFP
Emmanuel Macron le 5 septembre 2022 à l'Elysée - Ludovic Marin/AFP

Un changement de pied remarqué. Après avoir expliqué à trois reprises ces derniers mois que la France n'était pas "cobelligérante" du conflit entre la Russie et l'Ukraine, Emmanuel Macron tient désormais un tout autre discours et emploie désormais une rhétorique guerrière pour mobiliser face aux possibles restrictions d'énergie.

"Nous sommes en guerre, c'est un état de fait", a ainsi lancé le président à l’occasion d’une conférence de presse organisée à l’Élysée ce lundi pour dévoiler sa stratégie nationale pour "passer l'hiver".

"L'énergie fait partie des instruments de guerre utilisés par la Russie, et donc nous devons absolument nous mettre en situation de produire plus vite des sources alternatives d'électricité", a-t-il poursuivi.

Changement de pied

Alors que le géant de l’énergie russe Gazprom a annoncé le 3 septembre dernier la prolongation de l’arrêt total du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l’Allemagne, la France et tout le continent européen se préparent à un hiver sans gaz russe. Gazprom a d'ailleurs cessé ses livraisons à Engie.

Si la situation n'a guère changé depuis ces dernières semaines, le ton du chef de l'État a, lui, beaucoup évolué. "Nous ne sommes pas en guerre", avait-il répété le 2 mars, le 11 mars et le 9 mai dernier, tout en dressant un tableau très sombre des perspectives à venir lors du Conseil des ministres de la rentrée le 24 août dernier.

En propos liminaire, le président avait ainsi évoqué "la fin de l'abondance" et de "l'insouciance pour ceux qui en avaient encore", mettant en garde les Français face à la "grande bascule que nous vivons".

"Une guerre, ça se gagne"

Si les oppositions avaient étrillé ce ton, la majorité avait également regretté des propos jugés trop défaitistes.

"Il est contraint d'évoluer parce que son message du 24 août n'était pas très enthousiasmant voire franchement plombant. Une guerre, ça se gagne au moins!", analyse un député Renaissance, spécialiste des questions énergétiques, auprès de BFMTV.com.

Dresser des perspectives

Le message de l'exécutif avait déjà évolué ces derniers jours. À la sortie du Conseil de défense et de sécurité nationale sur l'énergie le 2 septembre, Agnès Pannier-Runacher s'était voulue très rassurante.

"Le gouvernement a anticipé la situation depuis plusieurs mois (..) Nos stocks de gaz sont remplis à 92%. Nos voisins européens sont également bien avancés. Nous avons quasiment atteint nos objectifs de remplissage", avait alors avancé la ministre de la Transition énergétique.

La rhétorique guerrière employée par Emmanuel Macron a également l'avantage de sonner le tocsin et de présenter les Français unis derrière les sources d'économie. Le président a d'ailleurs eu à cœur de présenter les efforts à faire comme relativement modérés. Fixant aux Français l'objectif "d'économiser 10% de ce que l'on consomme habituellement", le président le juge "faisable par une série de gestes simples".

Article original publié sur BFMTV.com