"La Guerre des Lulus", "Les Amis de Spirou"... comment raconter l'horreur de la guerre aux enfants

L'affiche du film
L'affiche du film

La Guerre des Lulus au cinéma, Les Amis de Spirou en librairie... Alors que la guerre est brutalement revenue l'année dernière en Europe, la fiction s'empare de cette thématique et la raconte à hauteur d'enfant.

En salle ce mercredi, La Guerre des Lulus est l'adaptation d'une populaire BD signée Régis Hautière et Hardoc. L'histoire de quatre orphelins qui tentent de survivre alors que la France, au cours de l'été 1914, devient un champ de bataille.

Disponible vendredi, Les Amis de Spirou de David Evrard, Jean-David Morvan et BenBK est inspiré d'une histoire vraie: celle d'enfants belges devenus des résistants pendant la Seconde Guerre mondiale.

La thématique est récurrente: sorti le 4 janvier, Tirailleurs suit le destin d'un père (Omar Sy) pour sauver son fils de la "grande guerre". Un succès, avec plus de 700.000 entrées. Best-seller écoulé à plus d'un million d'exemplaires, Les Enfants de la Résistance suit depuis 2015 le destin de trois enfants résistants aux nazis.

Des œuvres pédagogiques

La presse et le public plébiscitent le plus souvent ces œuvres car elles sont toujours de solides outils pédagogiques pour faire découvrir aux jeunes ces périodes historiques. Ces œuvres véhiculent aussi toujours des valeurs importantes.

"En lisant la BD La Guerre des Lulus, j'ai été renversé", explique ainsi Yann Samuell, réalisateur de l'adaptation cinématographique. "C'est rempli de valeurs comme le fait de ne pas avoir peur de l'étranger, de se reconstruire..."

Confronter l'innocence des enfants aux horreurs de la guerre est aussi "une belle métaphore", poursuit le metteur en scène: "Ils découvrent le monde alors qu'il est en train de s'autodétruire. Ils vont s'élever alors que le monde est en train de s'abaisser."

Montrer la violence

Destinées avant tout à un public familial, ces œuvres abordent avec réalisme la guerre, sans rien cacher de ses horreurs. Dans une scène marquante du film La Guerre des Lulus, absente de la BD, les orphelins se retrouvent sous les tirs dans une tranchée.

"C'était indispensable. J'aurais eu l'impression de tricher si je faisais un film qui s'appelait La Guerre des Lulus sans montrer la guerre", insiste Yann Samuell.

Et d'ajouter: "Il fallait vraiment y aller. Je voulais plonger le spectateur dans le ressenti qu'on peut avoir sur le front." Un des enfants tombe ainsi dans un cratère d'obus et tombe nez à nez avec un cadavre flottant. Une séquence effrayante.

Rendre la guerre moins abstraite

Prévu en cinq tomes, Les Amis de Spirou ne cache également rien de la violence de la guerre, malgré son trait à la Tintin. D'autant que certains des jeunes résistants au centre de l'histoire ont connu une fin tragique dans la vraie vie.

"On sait qu’il y eut deux morts de cette façon", a révélé l'année dernière le scénariste JD Morvan au site Branchés Culture.

Une manière de rendre la guerre moins abstraite, note Yann Samuell: "Les adultes sont capables de s'adapter alors que les enfants se prennent ça de face, sans comprendre pourquoi ces choses se produisent." Avec ces œuvres, ils comprendront.

Et le réalisateur de conclure: "La résilience des enfants est très forte. Ces histoires montrent que les adultes sont très occupés à préserver ce qu'ils ont alors que les enfants sont beaucoup plus occupés à bâtir quelque chose de nouveau."

Article original publié sur BFMTV.com