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Guerre Israël-Hamas : pourquoi Paris, Londres et Washington sanctionnent des « colons israéliens »

La Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, est secouée par des violences depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.
JAAFAR ASHTIYEH / AFP La Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, est secouée par des violences depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

INTERNATIONAL - Un à un, les États prennent prudemment des sanctions. Depuis le 7 octobre, Israël a fait de la lutte contre le Hamas un objectif politique et militaire de premier plan dans la bande de Gaza. Mais une autre forme de violence inquiète tout particulièrement la France, les États-Unis et d’autres pays occidentaux : celle des colons extrémistes israéliens en Cisjordanie. Car le conflit avec le Hamas a des répercussions jusque dans ce territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël et secoué par un regain de violences depuis quatre mois.

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Les colons israéliens sont notamment accusés d’agressions, de harcèlement et de menaces contre les bergers ou certains civils palestiniens, souvent à l’aide d’armes à feu. Ils sont aussi accusés de les déplacer de force de leurs villages ou encore de détruire leurs biens, toujours dans le but de les faire partir.

Depuis début décembre, les appels – parfois conjoints – à mettre à un terme à ces violences se sont pourtant multipliés. De nouvelles sanctions ont été annoncées par la France ce mardi 13 février pour faire pression sur ces colons et sur le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Paris a ainsi annoncé des « interdictions administratives du territoire français » contre 28 colons qualifiés d’« extrémistes » par le Quai d’Orsay. La veille, c’est Londres qui s’était également positionné avec des sanctions contre quatre « colons extrémistes » israéliens ayant « violemment attaqué » des Palestiniens en Cisjordanie.

Le 1er février, les États-Unis avaient eux aussi imposé des mesures, après un premier train de sanctions début décembre.

Vers une réponse européenne ?

Une demande devenue particulièrement pressante pour certains Palestiniens, comme en atteste la requête officielle adressée lundi au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell par le cabinet d’avocats français Demain, qui représente 21 Palestiniens vivant en différents endroits de Cisjordanie. Mais cette fois, ce ne sont pas les colons qui sont visés par cette demande de sanctions, mais les responsables politiques israéliens.

Benjamin Netanyahu, ses ministres de la Défense Yoav Gallant, des Affaires stratégiques Ron Dermer, de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, et des Finances Bezalel Smotrich sont pointés du doigt pour « leur implication dans des crimes et de graves violations des droits humains ».

Selon l’Autorité palestinienne, plus de 380 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie occupée. Un chiffre encore difficile à vérifier de manière indépendante, mais la situation ne semble pas se calmer, comme en témoigne l’une des Palestiniennes représentée par le cabinet, dont deux fils ont été tués lors d’un raid israélien dans un camp de réfugiés en Cisjordanie au début du mois de février.

« Ces actes font partie d’une politique de longue date de colonisation illégale et d’une pratique institutionnalisée d’attaques systématiques contre la population civile en Cisjordanie, qui constituent des crimes contre l’Humanité aux termes du Statut de Rome », invoque le cabinet Demain dans son communiqué.

Israël esquive la question

Des propos proches de ceux du chef de la diplomatie britannique David Cameron qui insistait lundi sur le manque de réaction de l’État hébreu : « Trop souvent, nous voyons des engagements pris et des promesses faites, mais qui ne sont pas suivis d’effets » alors que ces colons « menacent les Palestiniens, souvent sous la menace d’une arme, et les forcent à quitter des terres qui leur reviennent de droit ».

Il faut dire qu’en réaction aux premières sanctions américaines sur ce sujet, Benjamin Netanyahu a clairement ignoré les mises en garde de son principal soutien occidental sans prendre de pincettes. « Israël agit partout contre ceux qui enfreignent la loi, c’est pourquoi il n’y avait pas lieu de prendre des mesures exceptionnelles à cet égard », avait-il répondu à Washington. Son ministre des Finances était allé encore plus loin, en évoquant la coopération de l’administration Biden « à une campagne de mensonges antisémites propagée par les ennemis d’Israël ».

Avant d’être remplacée par Stéphane Séjourné à la tête du Quai d’Orsay, Catherine Colonna s’était dite favorable à des sanctions au niveau européen. Ce que semble laisser entendre la diplomatie française dans son communiqué publié ce mardi. Mais au niveau européen, ça coince encore.

Car si Washington, Londres et Paris ont tous pris des mesures contre ces colons, l’Union européenne, qui doit décider à l’unanimité d’éventuelles sanctions supplémentaires, n’a pas encore réussi à s’accorder sur le sujet. Le blocage de certains pays comme la Hongrie et la République tchèque pose encore problème.

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