La guerre est déjà une victoire pour Vladimir Poutine

PHOTO/ALEXANDER NEMENOV/REUTERS

Poutine sait qu’il perd”, “Poutine craint les manifestations pacifistes”, “Poutine a été profondément déçu par son [état-major]”… Dans un article d’analyse publié par le magazine américain Foreign Policy, la politologue russe Tatiana Stanovaya se penche sur plusieurs affirmations, selon elles infondées, autour de la situation actuelle en Ukraine. Ses conclusions doivent servir à envisager une meilleure stratégie pour l’Occident dans le bras de fer qui s’est ouvert avec la Russie de Vladimir Poutine.

Selon la spécialiste du monde russe, la Russie comme l’Occident semblent penser que l’autre camp est condamné et que le temps se trouve de leur côté :

“L’une des raisons pour lesquelles il est si difficile de décrypter les intentions de la Russie, et ce qui est en jeu dans la guerre en Ukraine, c’est la divergence significative de points de vue entre les observateurs extérieurs et le Kremlin. Des choses qui semblent évidentes pour certains, comme l’incapacité de la Russie à mener une victoire militaire, sont perçues totalement différemment à Moscou. […] L’Occident doit regarder la situation différemment s’il veut être plus efficace et diminuer le risque d’escalade.”

La Russie n’a pas besoin de grandes conquêtes territoriales

Du point de vue de Vladimir Poutine, la Russie ne serait pas en train de perdre la guerre, écrit Tatiana Stanovaya dans Foreign Policy. En maintenant la pression sur l’Ukraine et en poussant les Occidentaux à négocier, la Russie s’assure que l’Ukraine ne rejoindra pas l’Otan et qu’elle continuera de prendre en compte la part de la culture russe dans le pays. Pour atteindre ces objectifs, “il n’y a pas besoin de grandes conquêtes territoriales”, juge l’autrice, selon qui l’Ukraine n’est considérée par la Russie que comme “un outil de l’Occident qui doit être neutralisé”.

“L’Occident prend aujourd’hui le problème à l’envers en essayant d’arrêter la guerre de la Russie ; il se focalise sur les prétextes artificiels de Moscou pour envahir l’Ukraine et néglige l’obsession de Poutine pour la présumée menace de l’Ouest.”

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