Guerre au Yémen : la trêve reconduite à la dernière minute sous l'égide de l'ONU

© Mohammed Huwais, AFP

Les parties prenantes du conflit au Yémen ont convenu de prolonger de deux mois la trêve expirant ce mardi, a annoncé l'émissaire spécial de l'ONU, Hans Grundberg. Les négociations vont être intensifiées "afin de parvenir dès que possible à une trêve prolongée".

Malgré les pressions internationales pour une paix plus "durable" au Yémen, le statu quo a été requis et l'ONU a annoncé, mardi 2 août, le prolongement in extremis pour "deux mois supplémentaires" de la trêve en vigueur dans le pays.

Le 2 avril, une trêve de deux mois avait déjà été observée au Yémen, puis prorogée pour une période identique le 2 juin, donnant aux Yéménites un rare répit. Comme en juin, l'annonce du renouvellement de la trêve a été faite le jour même où elle était censée s'achever.

"J'ai le plaisir d'annoncer que les parties (prenantes du conflit au Yémen) ont convenu de prolonger la trêve, dans les mêmes conditions, pour deux mois supplémentaires, du 2 août 2022 au 2 octobre 2022", a déclaré l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg.

Ce cessez-le-feu "inclut un engagement des parties à intensifier les négociations pour parvenir à un accord de trêve élargi dès que possible", a-t-il précisé dans un communiqué. Selon lui, des tractations sont en cours via l'ONU "afin de consolider l'opportunité offerte par la trêve de s'orienter vers une paix durable".

"L'objectif principal de la trêve actuelle reste de soulager de manière tangible les civils et de créer un environnement propice à un règlement pacifique du conflit par un processus politique global", a déclaré Hans Grundberg.

Confronté à l'une des pires crises humanitaires au monde, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique est dévasté par le conflit qui oppose les forces du gouvernement, appuyées par une coalition militaire menée par l'Arabie saoudite depuis 2015, aux rebelles houthis soutenus par l'Iran, le rival de Riyad dans la région.

Des violations sporadiques du cessez-le-feu

Le président américain Joe Biden a salué la reconduction de la trêve et "la période de calme sans précédent" au Yémen, selon un communiqué de la Maison Blanche.

L'Union européenne a fait de même, appelant les protagonistes à continuer de respecter la trêve et à œuvrer pour une relance des négociations de paix sous l'égide l'ONU afin de parvenir à un règlement du conflit.

Lundi, plusieurs organisations humanitaires locales et internationales œuvrant au Yémen avaient appelé à reconduire la trêve pour une période plus longue de "six mois ou plus". Selon elles, le cessez-le-feu a permis en quatre mois de réduire "considérablement" le nombre de victimes civiles et de faciliter l'acheminent des carburants, ce qui a conduit à un "bon fonctionnement des services publics".

La trêve a été relativement respectée sur le terrain malgré des violations sporadiques selon ces ONG, qui incluent notamment Action contre la faim, Handicap International, Médecins du Monde, Oxfam et Save the Children.

Les belligérants s'étaient à plusieurs reprises mutuellement accusés de violations. Mardi, l'émissaire de l'ONU a promis d'intensifier ses efforts "pour assurer la mise en œuvre complète de toutes les obligations des parties dans la trêve".

Ces obligations comprennent notamment la question épineuse du paiement des salaires des fonctionnaires, l'ouverture de routes bloquées comme dans la ville assiégée par les rebelles de Taëz, un élargissement des vols en provenance et à destination de l'aéroport de Sanaa (nord), jadis fermé au trafic civil, ainsi qu'un acheminent plus régulier des carburants vers les ports de Hodeïda (ouest).

L'annonce du prolongement de la trêve intervient à l'heure où le Yémen est confronté à une baisse de l'aide humanitaire. Fin juin, le Programme alimentaire mondial de l'ONU avait annoncé des réductions supplémentaires de son aide en raison d'un déficit chronique des financements, de l'inflation, ainsi que des répercussions du conflit en Ukraine.

Avec AFP et Reuters

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