Guadeloupe: six mois avec sursis requis contre un syndicaliste pour menaces de mort

Des manifestants anti-vaccin près de  Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, France, le 24 novembre 2021 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP
Des manifestants anti-vaccin près de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, France, le 24 novembre 2021 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Le procureur de la République de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, a requis six mois de prison avec sursis à l'encontre du secrétaire général du syndicat UTS-UGTG, accusé d'avoir menacé de mort le directeur général d'un CHU sur fond de pandémie de Covid-19.

"Ces six mois sont justifiés par la gravité des menaces", qui auraient été prononcées lors d'un rassemblement dans le hall du CHU de Pointe-à-Pitre, "mais aussi par l'absence totale de remise en question de Gaby Clavier", le syndicaliste poursuivi, a déclaré jeudi le procureur Patrick Desjardins lors de son réquisitoire.

Il a également réclamé 2000 euros d'amende "pour l'infraction de s'être soustrait aux prélèvements salivaires", dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, ainsi que "l'interdiction de paraître durant cinq ans dans l'enceinte du CHU". Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin, à 8 heures.

Un "diktat syndical" en Guadeloupe

Patrick Desjardins a rappelé les violences dont a été victime en août Gérard Cotellon, alors directeur du CHU, lorsqu'il avait dû être exfiltré de son bureau par la police.

Avec son directeur adjoint, ils ont été "frappés et aspergés d'urine", a souligné le procureur, parlant d'une "fatwa" contre Gérard Cotellon, lancée par le syndicaliste. "Le sentiment d'impunité doit cesser" a-t-il martelé, parlant d'un "diktat syndical" en Guadeloupe.

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"Interdire quelqu'un d'exercer son mandat syndical sur son lieu de travail, c'est une atteinte fondamentale et extravagante à la liberté de circulation des idées", a estimé Patrice Tacita, l'un des huit avocats de Gaby Clavier. Selon lui, ces réquisitions représentent "une entrave" à la liberté syndicale.

De leur côté, les parties civiles ont demandé 4000 euros au titre de préjudice moral, a indiqué Yanick Louis-Hodebar.

"C'était une belle journée de débat" a déclaré Gaby Clavier à la sortie de l'audience. "Nous sommes déterminés à continuer le combat, d'autant qu'on lutte toujours contre l'obligation vaccinale", a indiqué le syndicaliste.

Depuis le début de la crise sanitaire, et notamment après l'application de la loi du 5 août sur l'obligation vaccinale, des tensions très fortes animent le CHU de Guadeloupe, théâtre d'affrontements réguliers entre protestataires et forces de l'ordre.

Article original publié sur BFMTV.com

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