Guadeloupe: accusé de privilégier le sécuritaire, Lecornu et l'exécutif ripostent

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French Minister for Local Authorities Sebastien Lecornu delivers a statement after a videoconference with the French President and French mayors at the Elysee Palace in Paris after the country began a gradual end to the nationwide lockdown following the coronavirus disease (COVID-19) outbreak in France,  May 19, 2020. REUTERS/Gonzalo Fuentes/Pool (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)
French Minister for Local Authorities Sebastien Lecornu delivers a statement after a videoconference with the French President and French mayors at the Elysee Palace in Paris after the country began a gradual end to the nationwide lockdown following the coronavirus disease (COVID-19) outbreak in France, May 19, 2020. REUTERS/Gonzalo Fuentes/Pool (Photo: Gonzalo Fuentes via Reuters)

OUTRE-MER - “Plus prompt à résoudre la grève générale que la crise sanitaire”. Une semaine après le début de la manifestation d’ampleur en Guadeloupe, émaillée de violences, la première réponse du gouvernement a été d’ordre sécuritaire. Ce qui n’a pas échappé à l’opposition.

Après un renfort de quelque 2000 policiers et gendarmes, une cinquantaine de membres des forces d’élite du GIGN et du Raid ont été envoyés sur l’île avec pour mission de “rétablir l’ordre républicain”. Une réunion doit également se tenir ce lundi autour de Jean Castex, des ministres de l’Intérieur, des Outre-mer et de la Santé, et d’élus locaux. Au menu: point sur la mobilisation mais aussi sur la situation sanitaire, avec une volonté affichée de dialogue avec les personnels soignants et les pompiers.

Mais cette réponse sécuritaire et ces discussions - ouvertes dans un contexte de crise alors que les failles du système de soins sur l’île sont pointées du doigt depuis des mois - laissent une partie de l’opposition sur sa faim.

“C’est pas vraiment une surprise, mais ce gouvernement est plus prompte à résoudre la grève générale que la crise sanitaire: en Guadeloupe, en tout cas, GIGN et Raid arriveront avant les lits. Et avant des négociations”, a réagi ce lundi le député François Ruffin. Un avis partagé par de nombreux responsables politiques de gauche.

L’envoi des troupes d’élite a d’ailleurs marqué un nouveau point de “désaccord” entre EELV et Insoumis, malgré leurs tentatives de rassemblement: Jean-Luc Mélenchon a ainsi fustigé Yannick Jadot qui légitimait l’envoi des forces de l’ordre.

Maïté Hubert M’Toumo, secrétaire générale de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe, à l’origine de la mobilisation, a dénoncé de son côté sur RTFRance, un refus des discussions: “Dans la mesure où après 4 mois de marche pacifique, d’appels, où on n’a pas été entendu, on n’a pas été pris en compte, on réagit. Et malgré les relances concernant la plateforme de revendications, les seules réponses qu’on a eues c’est la répression, la violence policière”.

“Pas le souvenir qu’on ait tardé”

Contacté par Le HuffPost, le ministère des Outre-mer balaye sèchement les critiques. “Pas le souvenir qu’Olivier Véran et Sébastien Lecornu n’étaient pas présents sur place cet été” pendant la quatrième vague, nous répond le cabinet. “Pas le souvenir non plus que plus de 1000 soignants n’aient pas été envoyés” ni “qu’on ait tardé” sur les envois de masques, et plus particulièrement de vaccins.

Et de dénoncer le “jeu politique” d’une opposition en pleine campagne, qui réclame, comme Xavier Bertrand, la venue de Sébastien Lecornu sur place.

Pour l’instant, ce n’est pas au programme. Question sécuritaire (encore): les forces de l’ordre doivent rester mobilisées sur le “rétablissement de l’ordre républicain”, et pas sur la sécurisation d’une venue ministérielle. “Un tel déplacement aurait été davantage un poids qu’une aide”, défend le cabinet.

À défaut de se rendre sur place, les membres du gouvernement participeront à une réunion en visioconférence ce lundi soir, Jean Castex ayant été identifié comme cas contact. Le premier ministre doit s’exprimer dans la foulée via les réseaux sociaux.

Toutefois, un report de l’obligation vaccinale en Guadeloupe, première revendication des collectifs de manifestants, semble exclu. Avec un taux de soignants vaccinés supérieur à 80%, il n’y a “pas de risque que l’offre vaccinale soit rompue”, défend le ministère des Outre-Mer. En revanche, l’accent sera mis sur le dialogue avec les soignants et les pompiers, dialogue qui “n’a pas été assez fort” ni assez “pédagogique” reconnaît-on au ministère.

Quid de la trentaine d’autres revendications publiées dans le week-end par les collectifs - et qui portent sur des questions d’emploi, de pouvoir d’achat, de violence policière? Hors sujet pour le ministère qui préfère se concentrer sur l’aspect sanitaire de la mobilisation et va jusqu’à minimiser le terme de “grève générale” employé par les manifestants, en faisant valoir que seule une minorité de secteurs sont mobilisés.

À voir également sur Le HuffPost: Covid en Guadeloupe: les CHU et les services de réanimation saturés

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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