La guêpe à papier cultive la différence

AFP - GUILLAUME SOUVANT

La plupart des espèces savent distinguer une chose essentielle d'une autre, comme le bon d'un mauvais fruit mais très peu semblent capables de former un concept abstrait comme celui de "pareil/pas pareil".

La guêpe à papier vient d'entrer dans le cercle très fermé des animaux jugés capables de former un concept abstrait, comme celui de la ressemblance ou différence entre deux choses.

"Pareil/pas pareil"

La plupart des espèces savent distinguer une chose essentielle d'une autre, comme le bon d'un mauvais fruit ou le cri d'un congénère de celui d'un prédateur. Très peu semblent capables de former un concept abstrait comme celui de "pareil/pas pareil", et de l'appliquer à différentes situations.

Primates mis à part, cette capacité a été prouvée chez un petit nombre d'espèces, notamment les corvidés, pigeons, perroquets, dauphins et canetons. Chez les invertébrés, il n'a été répertorié qu'avec l'abeille européenne. Il faut y ajouter désormais Polistes fuscatus, la guêpe à papier, à en croire l'étude publiée le 20 juillet 2022 dans les de la Royal Society britannique.

Capable de distinguer les visages des congénères

Cet insecte social est réputé pour sa capacité à distinguer sans faillir les visages de ses congénères. Une équipe de neurobiologistes de l'Université américaine du Michigan a exploré sa capacité à faire mieux. Ils ont d'abord "appris" aux guêpes à associer une paire d'images ou d'odeurs, semblables ou différentes, à un courant électrique inoffensif mais désagréable, et la paire inverse à l'absence de choc.

Chaque guêpe s'est retrouvée dans un cube dont les parois portait par exemple une paire de couleurs identiques. Elle y restait deux minutes en y subissant un courant électrique transmis par le sol, puis après une pause d'une minute, elle était placée dans un autre cube, sans courant, où se trouvait une paire de couleurs différentes l'une de l'autre.

Moins d'un million de neurones

Les paires de stimuli, des couleurs, visages de guêpe ou odeurs, étaient changées entre chaque séance de façon à ce que l'animal n'associe pas une paire particulière au choc électrique. Après quatre séances d'apprentissage et une pause de trois quarts d'heure, la guêpe subissait un[...]

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