Des zones d’ombre après la revendication de l’EI d’attaques dans l'est de la RDC

En République démocratique du Congo, ce week-end, huit bases de la Monusco seront définitivement fermées. C'est l'une des conséquences de la décision du Conseil de sécurité de réduire le budget des opérations de maintien de la paix. Au Congo, les conséquences sont énormes. Ce sont 764 employés dont 532 nationaux qui voient leur contrat se terminer. Ce qui représente tout de même un employé civil sur cinq de la Mission. Des réductions d'effectifs qui touchent tous les bureaux. Où en est-on ?Dans ces huit bureaux, toutes les activités ont cessé selon la Monusco. Les «petits» bureaux en effectifs ont même déjà complètement fermé. Il s’agit de Mbandaka, Bandundu ville, Kamina, Matadi et Mbuji Mayi. Pour les gros bureaux de Dungu, Kisangani et Lubumbashi, il reste encore quelques tâches, cession de matériel ou restitution des bâtiments aux autorités.Pour ce qui est des postes supprimées, cela ne concerne pas que ces bureaux. Un peu partout, la Monusco perd du personnel. À titre d'exemple, le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme perd 22 postes sur 125 et tente par tous les moyens de maintenir ses équipes à Lubumbashi et Kisangani. Mais cette absence de l'ONU à l'ouest et au sud du pays inquiète les défenseurs des droits de l'homme et l'opposition, surtout que certaines des villes touchées font partie de ses bastions.Dans toutes ces villes les Congolais pourront continuer d'écouter Radio Okapi. Mais il n'y aura plus de décrochages locaux, ni de journalistes sur place, indique encore l'ONU.Et l'hémorragie pourrait ne pas s'arrêter là. A l'heure où est discuté le nouveau budget des opérations de maintien de la paix à New York qui devrait être adopté d’ici au 1er juillet, à Kinshasa on redoute que les coupes aillent au-delà des prévisions et que d’autres bureaux ou emplois puissent être menacés.

Le groupe État islamique a revendiqué une nouvelle attaque jeudi 23 mai dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) via son canal officiel. La réalité de la présence de l'EI dans cette zone n'a pas encore été établie. Généralement, les attaques de ce genre dans le territoire de Beni sont attribuées aux présumés rebelles ADF.

Selon l’AFP, qui se réfère à une traduction par le SITE Intelligence Group, le dernier communiqué de l'organisation État islamique mentionne une attaque à « Chianchiani », en précisant que « les soldats du Califat ont donné l'assaut à des baraquements de l'armée congolaise, ce qui a conduit à en tuer et à en blesser plusieurs, tandis que d'autres ont fui ».

Selon la société civile, une incursion a bien eu lieu jeudi dans la localité de Samboko-Tchanitchani où un centre de santé a été incendié et pillé, des maisons dévalisées et entre 10 et 30 personnes emportées. Mais impossible aujourd'hui de savoir qui en sont vraiment les auteurs.

La première revendication de l’EI dans la zone, le 16 avril dernier, avait laissé l’ONU prudente sur la réalité d’un lien entre cette organisation et le mouvement de présumés rebelles ADF, même si elle disait prendre ces communiqués « au sérieux ».

Plusieurs spécialistes de l’État islamique rappellent qu’en août dernier, Al-Baghadi, le chef de l’EI, avait pour la première fois mentionné dans un discours audio une présence nouvelle en « Afrique centrale ».

Depuis le 16 avril, toujours via son canal officiel, l’EI a diffusé plusieurs communiqués concernant des attaques dans le territoire de Beni, et notamment le 5 mai dernier, des photos d’armes présentées comme des « butins » de guerre qui auraient été saisis dans cette zone.