Grenoble : onze ans après l'embrasement de la Villeneuve, comment se porte le quartier ?

En juillet 2010, la cité de La Villeneuve, à Grenoble (Isère), s'embrase après la mort d'un braqueur. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, parle de la cité avec des mots qui feront polémique. Il évoque "un échec de l'intégration". La Villeneuve a-t-elle contribué à alimenter cette image ? En janvier 2021, une crèche a été fermée plusieurs semaines en raison d'un trafic de drogues à proximité puis elle a été rouverte avec un vigile posté en permanence devant l'entrée. "C'est une mesure importante pour montrer que le service public et bel et bien présent et qu'il ne se retirera pas", explique Nicolas Kada, adjoint au maire de Grenoble. Le quartier rêve de jours meilleurs Depuis 2010, l'État a renforcé la présence policière, +5% d'effectifs en 10 ans et une brigade spécialisée supplémentaire. Les atteintes aux biens ont baissé de 8% mais les affaires de stupéfiants ont été multipliées par quatre ces dernières années. Les commerçants ont déserté la place principale et le dernier commerce ouvert est un bar-tabac. Chez les 18-25 ans, le taux de chômage dépasse les 40%. Alors, pour faire évoluer son image, la Villeneuve compte sur son ambassadeur, Willy Lavastre. Avec sa troupe Batukavi fondée il y a 10 ans, il emmène les adolescents du quartier se produire dans le monde entier et les empêche parfois de basculer du mauvais côté. Après les émeutes, la Villeneuve rêve donc de jours meilleurs.