Grands fonds marins : d’accord pour explorer, trop tôt pour exploiter

CATERS/SIPA

La Fondation de la Mer, qui vient de publier une étude révélant la 1ère place de la France en matière de surface de grands fonds marins, plaide pour une garantie des investissements dans la recherche, pour l’instauration de sanctuaires des profondeurs et l’association des citoyens français à la définition des grands choix stratégiques. Attention à une exploitation trop précoce de minerais qui détruirait des espaces uniques et une biodiversité encore à découvrir.

Étonnant. C’est un chiffre inconnu jusqu’à maintenant, qui place notre pays sur la première marche du podium planétaire. "Avec 9, 5 millions de km2 situés sous 1.000 m de profondeur, la France possède la plus vaste zone économique exclusive (ZEE) de grands fonds marins dans le monde", révèle une étude publiée le 2 juin 2022 (1) par la Fondation de la mer, qui s’est mise depuis 2015 "au service de la protection et de l’étude de l’océan". La donnée est stratégique. Et donne l’occasion d’une plongée très spéciale dans un océan de questions sur les décisions tricolores à venir – que faire dans ces grands fonds ? - la France étant actuellement le seul pays en Europe à disposer d’un sous-marin habité pouvant descendre jusqu’à 6.000 mètres…

La "nouvelle terra mare incognita"

"Le premier impératif est de mieux connaître les grands fonds marins", insiste Vincent Bouvier, ancien secrétaire général de la mer qui a copiloté l’étude avec Sabine Roux de Bézieux, présidente de la Fondation et l’amiral Pascal Ausseur, directeur général de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES). Or, "on sait qu’on ne sait pas" ! Très peu d’explorations ont été menées jusqu’à présent en-dessous des zones dont on parle le plus, celles où l’humain peut encore plonger sans être ratatiné par la pression, où l’on retrouve des épaves que l’on peut explorer, telle celle du Titanic visitée par Le Nautile (2)… Zones que seuls les spécialistes appellent par leurs petits noms scientifiques d’épipélagique (de la surface de l’océan jusqu’à 200 mètres de profondeur) puis mésopélagique (jusqu’à 1000 mètres). Non, pour ce qui se trouve en-dessous du kilomètre, on ne répètera pas qu’on connaît mieux la surface de la Lune ou de la planète Mars, mais tout simplement que tout ou presque reste à découvrir sur ces "62% de la surface de la planète" (3).

Les fosses abyssales n’étant que l’épiphénomène de cette "nouvelle terra mare incognita", comme la nomme en souriant Alban Neveux, PDG du groupe Adventio[...]

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