Dans les grandes villes, l'écologie doit mieux comprendre les besoins des quartiers populaires

Dans les zones urbaines défavorisées, de nombreuses initiatives vertes portées par les habitant·es sont assez peu valorisées. |  Iva Rajovi? via Unsplash

Les habitant·es des zones urbaines défavorisées souffrent plus de la pollution et ont une empreinte carbone plus basse que celle des classes aisées, pourtant l'écologie politique les culpabilise encore trop.

C'est une scène qui est presque passée inaperçue dans la campagne pour les élections municipales à Lyon. Le 11 mars, quelques jours avant le premier tour du scrutin, le tête de liste d'Europe-Écologie-Les-Verts, Grégory Doucet, élu ce 28 juin maire de Lyon, recevait un accueil hostile lors d'un déplacement dans le quartier de la Guillotière.

Selon le magazine Lyon Mag qui avait assisté à la scène, une quinzaine de personnes avait encerclé le candidat écologiste et chantait: «On est là pour l'honneur de la Guillotière, pour un quartier populaire, même si les Verts ne le veulent pas, nous on est là.» Avant d'ajouter: «Vous venez ici pour virer les pauvres.» Tout proche du centre-ville, la Guillotière est un quartier populaire en cours de gentrification où vivent de nombreuses populations immigrées.

Si Grégory Doucet et EELV ont finalement remporté les municipales à Lyon, cette scène aperçue sur les bords du Rhône mérite qu'on s'y attarde en répondant à une question: l'écologie se soucie t-elle suffisamment des habitant·es des zones urbaines défavorisées?

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Différentes approches de l'écologie

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