May refuse d'assouplir la législation nord-irlandaise sur l'IVG

La Première ministre britannique Theresa May a refusé dimanche de céder aux appels de ministres et parlementaires conservateurs qui souhaitent un assouplissement des règles encadrant l'avortement en Irlande du Nord après le vote de l'Irlande voisine en faveur de la libéralisation de l'IVG. /Photo prise le 23 mai 2018/REUTERS/Toby Melville

LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May a refusé dimanche de céder aux appels de ministres et parlementaires conservateurs qui souhaitent un assouplissement des règles encadrant l'avortement en Irlande du Nord après le vote de l'Irlande voisine en faveur de la libéralisation de l'IVG.

Les Irlandais se sont prononcés vendredi par référendum à une majorité des deux tiers en faveur de la libéralisation du droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) dans un des pays qui était considéré parmi les plus conservateurs d'Europe d'un point de vue social.

Penny Mordaunt, ministre britannique du droit des Femmes, a déclaré que la victoire irlandaise devrait se traduire par un changement au nord de la frontière.

"Une journée historique et formidable pour l'Irlande et une journée pleine d'espoir pour l'Irlande du Nord", a déclaré Penny Mordaunt.

Mais la porte-parole de May a dit dimanche qu'il revenait au gouvernement nord-irlandais de se prononcer sur la question.

La législation nord-irlandaise sur l'avortement est une des plus restrictives d'Europe. Contrairement à d'autres parties du Royaume-Uni, les avortements sont interdits sauf lorsque la vie ou la santé mentale de la mère est en danger. Même le viol et les anomalies fœtales mortelles n'y sont pas considérés comme des motifs légaux pour une IVG.

Plus de 130 membres du Parlement britannique, dont des députés du Parti conservateur au pouvoir, sont prêts pourtant à soutenir un amendement à un nouveau projet de loi sur la violence domestique autorisant les avortements en Irlande du Nord, rapporte le Sunday Times.

Or, toute tentative de changement de la loi pourrait déstabiliser le gouvernement britannique qui est soutenu par le Parti unioniste démocrate (PUD) d'Irlande du Nord, très conservateur sur les questions sociales et qui permet à Theresa May d'avoir une majorité aux Communes.

L'assemblée élue d'Irlande du Nord a le droit d'aligner ses lois sur l'avortement avec le reste de la Grande-Bretagne, mais elle a voté contre en février 2016. Et l'assemblée n'a pas siégé depuis la chute du gouvernement d'Irlande du Nord en janvier 2017.


(Andrew MacAskilll; Danielle Rouquié pour le service français)