Le grand requin blanc a pu jouer un rôle dans la disparition du mégalodon

© MPI for Evolutionary Anthropology

Toujours bien vivant, le grand requin blanc existait déjà à l'époque du mégalodon, disparu lui il y a 3 millions d'années. Une fin soudaine, difficile à expliquer, mais qui pourrait être liée à la compétition pour les ressources alimentaires entre les deux squales.

C'est l'histoire de David et Goliath, toujours recommencée. Le mégalodon, squale ayant vécu entre -23 millions et -3,6 millions d'années, pouvait atteindre les 15 mètres de long. Le grand requin blanc (Carcharodon carcharias), espèce toujours bien vivante, quoique protégée (elle est à l'annexe 3 de la Cites, la Convention sur le commerce international des espèces sauvages), peut titiller lui les 6 mètres. Or la disparition du premier pourrait être une conséquence de la compétition que lui a faite le second dans la recherche de nourriture. C'est la conclusion d'une étude menée par les chercheurs de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive et publiée dans la revue Nature communications.

Une histoire de zinc

Pour parvenir à cet enseignement - qui n'est pas vraiment une nouveauté, mais plutôt un nouvel élément alimentant une -, les chercheurs ont travaillé sur les dents fossilisées du mégalodon (Otodus megalodon). De ce poisson cosmopolite, disparu il y a environ trois millions d'années, il ne reste presque plus rien, si ce n'est ces impressionnants attributs triangulaires. Ceux-ci sont fortement minéralisés, ce qui leur a permis de traverser le temps sous la forme de fossiles, alors que les squelettes du squale, en cartilage, ont disparu. Les scientifiques du Max Planck ont également étudié des dents de grands requins blancs modernes et fossiles.

Sur tous ces crocs, les chercheurs ont procédé à une analyse chimique. Plus précisément, ils se sont intéressés au ratio entre deux isotopes du zinc - des atomes de zinc ayant un nombre différents de protons - présents dans les échantillons étudiés. Cette méthode permet d'étudier le niveau tropique du poisson à qui appartenait la dent, autrement dit son "grade" chez les carnivores. Car le zinc intégré à la dent du requin provient de sa nourriture. Or la viande contient plus de zinc 64 que de zinc 66. Du coup, plus un animal est haut placé dans la chaîne des prédateurs, plus la proportion en zinc 64 présent dans l'émail[...]

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