"Pas grand monde n'y croit" : après le fiasco Hidalgo, le Parti socialiste se déchire sur les législatives

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Les socialistes vont tenter de se mettre d'accord sur la stratégie à adopter à deux mois des élections législatives alors que la France insoumise refuse tout accord. Rares sont les cadres à croire que plus de 15 députés seront élus.

La soupe à la grimace depuis Ivry. Après le score désastreux d'Anne Hidalgo (1,74%) au premier tour, le Parti socialiste tente de sortir la tête de l'eau pour se projeter vers les législatives lors d'un conseil national ce mardi soir. Mais si Olivier Faure et ses proches continuent de croire à un accord avec La France insoumise, d'autres leur reprochent leur stratégie.

"On va parler 10 minutes du bilan de la présidentielle en disant que c'est triste pour Anne Hidalgo et le dossier sera bouclé. Après, on passera au vrai sujet qu'on attend tous", confie l'un des membres du bureau national auprès de BFMTV.com.

Vers l'absence d'un groupe de députés PS

Dix jours après la défaite historique des socialistes, l'heure est à préparer la survie du parti en tentant de sauver le maximum de députés possibles. Il faut dire qu'il y a urgence. Le PS qui avait recueilli le triple de voix en 2017 (6,4%) était passé de 314 députés à 44.

"Pas grand-monde ne croit vraiment qu'on peut garder un groupe en juin prochain", reconnaît d'ailleurs l'une des porte-paroles du parti alors qu'il faut au moins conserver 15 députés d'après le règlement de l'Assemblée nationale.

De quoi essayer de forcer la main à la France insoumise pour un accord, alors que Jean-Luc Mélenchon a récolté 21,95% des voix. La France insoumise a pourtant déjà refusé un accord avec les socialistes, tout en proposant aux écologistes et aux communistes d'ouvrir les négociations.

"Pas de discussions" pour LFI

Mais Olivier Faure, le Premier secrétaire du parti, lui-même en posture compliquée dans sa circonscription de Seine-et-Marne, ne s'avoue pas vaincu.

"Je suis prêt à engager un dialogue à la condition que ce ne soit pas la mise en scène d’un poker menteur. (...) À moins d’accepter l’idée que la gauche n’ait qu’une vocation minoritaire, il n’est pas possible de refuser la discussion avec la formation de gauche qui dispose du plus fort maillage territorial", à savoir le PS, tentait-il de faire valoir dans les colonnes de Libération samedi dernier.

Il est pourtant sèchement renvoyé dans les cordes. Mathilde Panot, la présidente du groupe des députés LFI lui répond le lendemain dans le Journal du dimanche qu'il n'y aura "pas de discussions", arguant d'un "refus définitif" d'alliances aux législatives entre les socialistes et les insoumis.

"Le PS a été très clair. (...) Anne Hidalgo ne voulait rien construire avec nous. Nous avons pris acte de ses attaques et de son refus de tirer un bilan lucide du quinquennat de François Hollande", justifie encore cette proche de Jean-Luc Mélenchon.

Au PS, on croit encore à un accord

Du côté de la direction nationale du parti, consciente de la nécessité de parvenir à un accord avec Jean-Luc Mélenchon, l'heure est à l'appel au calme tout en tentant d'envoyer des messages à LFI ce mardi soir.

"Si l'on veut empêcher Emmanuel Macron d'avoir une majorité au soir du second tour des législatives, personne ne pourra y arriver seul, même pas la France insoumise. Nous sommes dans le dialogue et nous tendons la main", nous assure Corinne Narassiguin, membre de la direction du parti et proche d'Olivier Faure.

À voir. "Face à une telle défaite, la direction doit s'en aller. Elle n'est plus en position de négocier. Il faut être en mesure de dire pour qui et pour quoi nous nous battons", assure ainsi Rachid Temal, ancien coordinateur national du parti, auprès de BFMTV.com.

"Je ne pense pas que qui que ce soit va sortir les couteaux ce soir. C'est surprenant parce que ça se passe rarement comme ça et en même temps, c'est rassurant", assure une élue francilienne, membre du Bureau national. Au PS, même se déchirer devient un luxe.

Article original publié sur BFMTV.com

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